
Entre 2020 et 2025, l’État camerounais a consacré près de 749,3 milliards de FCFA, soit environ 1,3 milliard de dollars, au financement de 26 entreprises publiques. Ces importants concours financiers, révélés par la Chambre des comptes de la Cour suprême, relancent le débat sur la performance, la gouvernance et la viabilité économique de ces sociétés.
Ces financements traduisent la volonté des pouvoirs publics de soutenir des entreprises considérées comme stratégiques pour le développement économique et social du pays. Ils permettent notamment d’assurer la continuité des services publics, de financer certains investissements, de compenser des déficits d’exploitation ou encore de préserver des emplois dans des secteurs jugés essentiels.
Cependant, l’importance de ces transferts budgétaires soulève des interrogations sur la rentabilité et l’efficacité de nombreuses entreprises bénéficiaires. Malgré les montants mobilisés par l’État, plusieurs sociétés publiques continuent d’enregistrer des difficultés financières, une faible productivité ou des performances en deçà des attentes.
Cette situation relance le débat sur la gouvernance du portefeuille public. De nombreux observateurs estiment qu’un renforcement des mécanismes de contrôle, une meilleure gestion des ressources ainsi qu’une plus grande exigence en matière de résultats sont devenus indispensables pour garantir une utilisation plus efficiente des fonds publics.
Les conclusions de la Chambre des comptes mettent également en lumière la nécessité d’améliorer le suivi de l’exécution des missions assignées aux entreprises publiques. Pour plusieurs experts, les subventions de l’État devraient davantage être conditionnées à l’atteinte d’objectifs précis en matière de performance financière, de qualité des services rendus et de contribution au développement économique.
Dans un contexte marqué par des besoins croissants en matière d’investissements publics et par la recherche d’un meilleur équilibre des finances de l’État, la question de la soutenabilité de ces appuis budgétaires demeure centrale. Le gouvernement est ainsi appelé à poursuivre les réformes engagées pour moderniser la gouvernance des entreprises publiques, renforcer leur autonomie financière et améliorer leur compétitivité.
Au-delà des chiffres, cette enveloppe de près de 750 milliards de FCFA illustre les défis auxquels est confronté le secteur public marchand au Cameroun. L’enjeu consiste désormais à transformer ces importants investissements publics en véritables leviers de croissance, de création de valeur et d’amélioration des services offerts aux citoyens.