
Le monde de la musique camerounaise est en deuil. Racine Sagath, de son vrai nom Paul Bede Onye, est décédé samedi 12 septembre 2026 à l’Hôpital Général de Yaoundé, après plusieurs mois de maladie. Figure de la scène Bikutsi, l’artiste laisse derrière lui des chansons, des souvenirs et une voix qui aura marqué les amateurs de ce genre musical emblématique du Cameroun.
Le Bikutsi perd l’un des siens. Racine Sagath a tiré sa révérence ce samedi 12 septembre à Yaoundé, après plusieurs mois de maladie. Hospitalisé à l’Hôpital Général de la capitale, l’artiste n’aura finalement pas survécu à cette longue période d’épreuve.
L’annonce de sa disparition a rapidement suscité l’émotion parmi ses proches, ses confrères artistes et les nombreux mélomanes qui avaient suivi son parcours. Avec sa disparition, c’est une voix familière de la musique camerounaise qui s’éteint, laissant un vide dans une scène Bikutsi régulièrement endeuillée par la disparition de ses figures emblématiques.
Une voix identifiée au Bikutsi
De son vrai nom Paul Bede Onye, Racine Sagath s’était fait une place dans l’univers musical camerounais grâce à un style et une interprétation qui lui étaient propres. Au fil de sa carrière, il avait choisi de s’inscrire dans le sillage du Bikutsi, genre musical originaire du Centre et du Sud du Cameroun, devenu au fil des décennies l’un des marqueurs les plus reconnaissables de l’identité musicale du pays.
Parmi les titres auxquels son nom reste associé figure notamment « Nnem Mintié », une chanson qui a participé à asseoir sa notoriété auprès du public. L’artiste avait ainsi construit son identité musicale autour des rythmes, des sonorités et de l’énergie caractéristiques du Bikutsi. À travers ses productions et ses prestations, il a contribué à entretenir la vitalité d’un patrimoine musical qui continue de se renouveler tout en conservant ses racines traditionnelles.
Une carrière entre musique et transmission
Comme beaucoup d’artistes de sa génération, Racine Sagath n’a pas seulement été un interprète. Il a également participé à la transmission d’un univers musical profondément enraciné dans la culture camerounaise.
Le Bikutsi est plus qu’un simple rythme. Il constitue un espace d’expression où se mêlent histoires du quotidien, relations humaines, humour, réalités sociales et héritage culturel. En choisissant d’en faire son terrain d’expression, Racine Sagath s’inscrivait dans une longue tradition d’artistes ayant contribué à porter cette musique au-delà de ses terroirs d’origine.
Sa voix et ses chansons ont ainsi accompagné des auditeurs qui, aujourd’hui, se retrouvent face à une disparition qui rappelle la fragilité des figures qui ont contribué à écrire l’histoire de la musique camerounaise.
Plusieurs mois de maladie avant le dernier souffle
Ces derniers mois avaient été marqués par la maladie. Éloigné progressivement des scènes et de l’agitation du monde musical, Racine Sagath menait un combat dont l’issue aura finalement été fatale.
À l’Hôpital Général de Yaoundé, où il était pris en charge, l’artiste a rendu son dernier souffle à l’âge de — une disparition qui intervient alors que le public et ses proches espéraient encore le voir retrouver la scène.
Sa mort rappelle une nouvelle fois les difficultés auxquelles sont confrontés certains artistes camerounais lorsqu’ils sont frappés par la maladie, notamment après plusieurs années de carrière. Derrière les projecteurs et les applaudissements, nombre d’entre eux restent particulièrement vulnérables lorsque surviennent les épreuves de santé.
Le silence après la musique
Avec Racine Sagath, le Cameroun perd un artiste qui aura contribué, à son niveau, à faire vivre le Bikutsi. Ses prestations, ses chansons et son univers musical appartiennent désormais à la mémoire collective de ceux qui l’ont découvert et apprécié. Les scènes sur lesquelles il s’est produit garderont le souvenir de son passage, tandis que ses titres continueront de circuler auprès des mélomanes.
Sa disparition vient également rappeler que la musique ne se résume pas aux artistes qui occupent durablement les premières places de l’affiche. Elle est aussi faite de ces voix qui, au fil des années, construisent patiemment une relation avec le public et finissent par devenir familières à plusieurs générations.
Racine Sagath fait désormais partie de cette mémoire. Le chanteur n’est plus là pour reprendre le micro. Mais son œuvre, elle, demeure. Dans les chansons conservées par ses admirateurs, dans les souvenirs de ceux qui l’ont côtoyé et dans les archives de la musique camerounaise, sa voix continuera de résonner.
Ce 12 septembre 2026, le micro de Racine Sagath s’est définitivement tu. Mais pour le Bikutsi et pour ceux qui ont accompagné son parcours, la musique de Paul Bede Onye continuera de raconter l’histoire d’un artiste qui aura choisi de faire entendre sa voix.