Inondations à Douala : un programme de 120 milliards de FCFA pour renforcer la résilience urbaine

Confrontée chaque année à des inondations qui perturbent la vie des habitants et freinent son activité économique, Douala engage une nouvelle étape dans la lutte contre ce phénomène. À travers le Projet villes et gestion foncière durables (PVGFD), financé à hauteur de 200 millions de dollars (près de 120 milliards de FCFA) avec l’appui de la Banque mondiale, le gouvernement entend doter la capitale économique d’infrastructures capables de réduire durablement les risques d’inondation tout en améliorant l’aménagement urbain.

Les fortes pluies transforment régulièrement plusieurs quartiers de Douala en zones difficilement accessibles. Routes submergées, habitations inondées, circulation paralysée et ralentissement des activités économiques rythment chaque saison des pluies, illustrant les limites des infrastructures actuelles face à une urbanisation en constante expansion.

Pour répondre à cette situation, le gouvernement a lancé les premiers travaux du Projet villes et gestion foncière durables dans l’arrondissement de Douala V. Mis en œuvre par le ministère de l’Habitat et du Développement urbain avec le soutien financier de la Banque mondiale, ce programme ambitionne de rendre les villes de Douala et Yaoundé plus résilientes face aux effets du changement climatique.

Des infrastructures pour améliorer le drainage

À Douala, les investissements se concentreront principalement dans les arrondissements de Douala III et Douala V, identifiés parmi les secteurs les plus exposés aux inondations en raison de leur faible altitude, de l’occupation de zones marécageuses et de l’insuffisance des réseaux d’évacuation des eaux pluviales.

Le projet prévoit notamment la construction d’une dizaine de kilomètres de drains structurants, l’aménagement de plus de 14 kilomètres de voiries ainsi que la réalisation d’ouvrages de franchissement destinés à faciliter l’écoulement des eaux et à améliorer la circulation des personnes et des biens.

Au-delà de la réduction des inondations, ces aménagements devraient contribuer à limiter la dégradation des routes, améliorer l’accès aux services essentiels et renforcer l’attractivité de quartiers régulièrement affectés par les intempéries.

Moderniser la gestion des villes

Le PVGFD ne se limite pas aux seuls travaux d’assainissement. Prévu sur une durée de six ans, il comprend également un important volet consacré à la modernisation de la gouvernance foncière et de la planification urbaine.

Le programme prévoit notamment la mise en place de contrats de ville entre l’État et les collectivités territoriales afin de mieux coordonner les investissements, clarifier les responsabilités des différents acteurs et renforcer le suivi des projets. Cette approche vise à améliorer la gestion du développement urbain dans un contexte marqué par une croissance démographique rapide.

Si les nouvelles infrastructures constituent une avancée importante, leur efficacité dépendra également de leur entretien. À Douala, l’obstruction des caniveaux par les déchets ménagers demeure l’une des principales causes de l’aggravation des inondations.

Dans cette optique, les autorités ont remis de nouveaux équipements de nettoyage à certaines collectivités locales afin de renforcer les opérations d’entretien de la voirie et des réseaux d’évacuation. Elles appellent également les populations à adopter des comportements plus responsables en évitant les dépôts de déchets dans les drains et les caniveaux.

Un enjeu pour le développement

Avec un investissement de près de 120 milliards de FCFA, le Projet villes et gestion foncière durables représente l’un des programmes les plus ambitieux engagés ces dernières années pour améliorer les infrastructures urbaines au Cameroun.

Au-delà des ouvrages hydrauliques, ce chantier constitue un véritable test pour les politiques publiques d’aménagement urbain. Son succès dépendra non seulement du respect des délais d’exécution, mais aussi de la capacité des différents acteurs à assurer une gestion durable des infrastructures réalisées.

Pour Douala, où les inondations entraînent chaque année d’importantes pertes économiques et sociales, ce programme pourrait marquer une étape décisive vers une ville mieux préparée aux défis climatiques et à une urbanisation de plus en plus soutenue.

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