Cameroun : un vibrant appel pour redynamiser l’OMC en temps de crise

La quatorzième Conférence ministérielle de l’OMC (CM14) s’est ouverte à Yaoundé (Cameroun) le 26 mars dans un contexte où les troubles géopolitiques et l’avenir de l’Organisation préoccupent vivement les Membres de l’OMC.

Toutefois, la Directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala a déclaré qu’elle avait l’espoir qu’en se réunissant, les Ministres du commerce trouveraient la volonté politique de dépasser leurs différences et de faire progresser les travaux portant sur les sujets importants inscrits à l’ordre du jour de la CM14.

Un système commercial qui défavorise l’Afrique

Depuis des décennies, l’Afrique exporte des matières premières et importe des produits manufacturés. Ce schéma, les délégations africaines présentes à Yaoundé refusent de le perpétuer.

Sur la table des négociations : les subventions agricoles massives accordées par les pays développés, qui écrasent les producteurs africains sur les marchés internationaux. Mais aussi les barrières commerciales qui bloquent l’accès des produits africains transformés aux grands marchés mondiaux.

Les États africains sont formels : leur engagement dans le multilatéralisme commercial a un prix. Ils conditionnent leur participation à une prise en compte réelle de leurs besoins — industrialisation, transformation locale des ressources naturelles, intégration régionale via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Le continent représente 54 pays et plus de 1,4 milliard de personnes. Pourtant, sa part dans le commerce mondial reste marginale. C’est précisément ce déséquilibre que la CM14 de Yaoundé est appelée à corriger.

Yaoundé comme symbole d’un tournant

Le choix du Cameroun pour accueillir cette conférence n’est pas anodin. Il place le continent africain au centre du débat sur l’avenir du commerce mondial, à un moment où l’économie internationale se fragmente et où les grandes puissances revoient leurs alliances commerciales.

L’Afrique arrive à Yaoundé avec des revendications précises : réformer les règles de l’OMC, obtenir un meilleur accès aux marchés internationaux, et surtout être reconnue non plus comme simple fournisseur de ressources brutes, mais comme acteur industriel à part entière.

Pour le Cameroun, pays hôte, c’est aussi une vitrine diplomatique et économique de premier plan. La CM14 de Yaoundé pourrait marquer un vrai tournant si les engagements pris se traduisent en actes concrets. L’Afrique a posé ses conditions. Reste à savoir si ses partenaires commerciaux sont prêts à entendre — et surtout à répondre.

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