Cameroun : pourquoi Roger Belinga et Gérard Ondo Ndong ont été libérés ?

Gilles-Roger Belinga, ex-DG de la SIC, et Emmanuel Ondo Ndong, ancien patron du Feicom, sont de retour chez eux samedi dernier après avoir purgé leurs peines ! Le premier cité ,avait écopé de 35 ans de prison ferme en 2007 pour détournement de fonds publics, peine ramenée à 20 ans. Le second, lui, avait été condamné à 50 ans de prison pour détournement de 50 milliards de francs CFA, peine réduite à 20 ans.

Ces deux ex-prisonniers étaient des visages de l’opération Épervier, grande offensive anti-corruption des autorités camerounaises. Accusés de détournement de fonds publics, ils avaient été arrêtés en 2006 dans le cadre de cette une vaste campagne lancée, cette même année, par le président Paul Biya, pour lutter contre la corruption et assainir la gestion des finances publiques. A Yaoundé ce samedi 21 février 2026, les deux ex-dirigeants ont retrouvé leur foyer, entourés de leurs proches, dans une atmosphère de liesse et de retrouvailles émouvantes.

Hors, les anciens dirigeants du Feicom – qui soutient le développement local – et de la SIC – qui construit des logements sociaux – sont accusés, en 2006, de détournement de plus de 36 milliards de FCFA.

L’opération « Épervier » va permettre l’incarcération de dizaines de pontes du régime, à l’instar des anciens secrétaires généraux de la présidence, Atangana Mebara  et Marafa Hamidou Yaya ou encore de l’ancien Premier ministre, Ephraïm Inoni, et bien d’autres, toujours en détention.

La libération de Ondo Ndong et Belinga relance les débats sur l’efficacité de l’opération « Épervier », vingt ans plus tard. L’image a fait le tour des rédactions camerounaises et suscite un torrent de commentaires : celle d’Emmanuel Gérard Ondo Ndong réapparaissant publiquement après avoir purgé l’intégralité de sa peine de vingt ans d’emprisonnement ferme. Plus surprenant encore que sa libération, sa déclaration sans équivoque, diffusée par la chaîne Vision4 TV, réaffirmant son indéfectible soutien au chef de l’État.

Si à l’origine, il s’agissait de juguler les détournements de fonds publics et de restaurer la discipline financière au Cameroun, certains analystes ont dénoncé un moyen de conservation du pouvoir du chef de l’État qui, à un moment donné, « s’en serait servi pour bloquer toute velléité de succession au sein de l’appareil d’État ».

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