Réhabilitation de la Sonara : le Cameroun rassure les investisseurs et prépare le lancement de l’appel à manifestation d’intérêt

Le projet de reconstruction et de modernisation de la Société nationale de raffinage (Sonara) franchit une nouvelle étape. À l’issue d’une consultation internationale organisée à Yaoundé, les investisseurs et partenaires techniques ont confirmé l’intérêt économique du projet tout en formulant plusieurs recommandations destinées à améliorer sa structuration financière et juridique avant le lancement officiel de l’appel à manifestation d’intérêt.

Le gouvernement camerounais poursuit les préparatifs en vue de la relance de la Sonara, cinq ans après l’incendie qui a fortement réduit les capacités de production de l’unique raffinerie du pays. Réunis les 29 et 30 juin à Yaoundé dans le cadre d’un Market Sounding, des investisseurs, établissements financiers, industriels du secteur pétrolier et cabinets de conseil internationaux ont passé en revue les principaux paramètres techniques, financiers et juridiques du projet.

Les travaux, présidés par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, en qualité de président de la Plateforme stratégique interministérielle, ont rassemblé près de 170 participants représentant l’ensemble de la chaîne de valeur du raffinage. Cette forte mobilisation est interprétée par les autorités comme un signal positif quant à l’intérêt du marché pour ce chantier considéré comme l’un des plus importants projets industriels du Cameroun.

Raffinage de 3,5 millions de tonnes par an

Les échanges ont confirmé le potentiel économique de la future raffinerie. Avec une consommation nationale de produits pétroliers estimée à plus de deux millions de tonnes par an, le marché camerounais offre des débouchés jugés suffisamment solides pour soutenir l’investissement. À terme, la nouvelle Sonara devrait disposer d’une capacité de raffinage de 3,5 millions de tonnes par an, permettant non seulement de satisfaire la demande intérieure mais aussi de développer des exportations vers les pays voisins, renforçant ainsi le rôle du Cameroun comme plateforme énergétique en Afrique centrale.

Sur le plan financier, les investisseurs ont estimé que le projet présente un potentiel de mobilisation de capitaux internationaux, à condition d’améliorer certains mécanismes de sécurisation. Parmi les recommandations figurent notamment le renforcement des garanties offertes aux bailleurs de fonds, une meilleure prise en charge des risques de change, l’aménagement d’une période de grâce pendant la phase de construction ainsi qu’un calendrier de financement davantage adapté aux exigences des partenaires financiers.

Les discussions ont également porté sur la gouvernance de la future société de projet. Les participants ont insisté sur la nécessité de clarifier les responsabilités des différents acteurs, de renforcer les mécanismes de gestion des risques et de prévoir des dispositifs de règlement des différends conformes aux standards internationaux, notamment par le recours à l’arbitrage international. Ces mesures sont considérées comme essentielles pour améliorer la crédibilité du projet auprès des investisseurs étrangers.

Les aspects techniques n’ont pas été en reste. Les experts ont souligné les défis liés à la modernisation d’un site industriel existant, recommandant la réalisation d’audits indépendants des installations, une meilleure coordination des interfaces techniques ainsi que la mise en place d’un programme de maintenance capable de garantir la performance et la durabilité des futurs équipements.

Le développement du contenu local a également occupé une place importante dans les échanges. Les partenaires souhaitent une implication accrue des entreprises camerounaises dans les travaux de construction et une politique volontariste de transfert de compétences afin de former une nouvelle génération de techniciens et d’ingénieurs capables d’assurer l’exploitation des futures installations.

À l’issue de cette phase de consultation, les autorités estiment que le projet dispose désormais d’une vision plus claire des attentes du marché. Les observations recueillies serviront à finaliser la structuration du dossier avant le lancement de l’appel à manifestation d’intérêt, qui marquera le passage à la phase opérationnelle.

Pour le gouvernement, la réhabilitation de la Sonara dépasse le cadre d’un simple investissement industriel. Elle constitue un enjeu stratégique de souveraineté énergétique, de réduction des importations de produits raffinés et de renforcement de la compétitivité de l’économie nationale, tout en ambitionnant de faire du Cameroun un acteur majeur du raffinage pétrolier en Afrique centrale.

Source : DCRP/MINFI

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