
La région de l’Extrême-Nord du Cameroun a de nouveau été frappée par des attaques meurtrières attribuées à Boko Haram. Entre les départements du Logone-et-Chari et du Mayo-Tsanaga, plusieurs assauts menés contre des villages ont fait une vingtaine de morts et de nombreux blessés, ravivant les inquiétudes sur la situation sécuritaire dans cette partie du pays.
La recrudescence des attaques de Boko Haram continue d’endeuiller la région de l’Extrême-Nord. Au cours du week-end, plusieurs localités ont été la cible d’incursions menées par des combattants présumés du groupe terroriste, faisant au moins une vingtaine de victimes et plusieurs blessés.
L’une des attaques les plus meurtrières s’est produite dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 juillet dans le village de Milari, situé à une dizaine de kilomètres de Kousseri, dans le département du Logone-et-Chari. Selon des sources locales, des hommes lourdement armés, circulant à moto, ont fait irruption dans le village avant d’ouvrir le feu sur les habitants et de saccager plusieurs habitations.
Pris au dépourvu en pleine nuit, les villageois n’ont pu opposer aucune résistance. Les assaillants ont semé la terreur, pillant des biens et provoquant d’importants dégâts matériels.
Le bilan provisoire fait état de neuf personnes tuées. Neuf autres habitants ont été blessés à divers degrés avant d’être évacués vers les structures sanitaires de Kousseri et de Kala-Kafra, où ils ont été pris en charge.
D’après plusieurs sources locales, cette attaque pourrait être liée à la récente découverte d’une cache d’armes dans la zone. Les habitants avaient signalé cette cargaison aux forces de défense et de sécurité, qui l’avaient saisie. Les terroristes auraient ainsi cherché à sanctionner les populations pour leur collaboration avec les autorités.
Quelques heures plus tard, une nouvelle attaque a été signalée dans la commune de Mozogo, dans le département voisin du Mayo-Tsanaga. Selon des informations recueillies auprès de sources sécuritaires, des combattants de Boko Haram ont lancé un assaut contre cette localité, faisant au moins neuf morts et plusieurs blessés graves. Les circonstances exactes de cette attaque restent encore à préciser.
Par ailleurs, d’autres sources locales font également état d’une attaque perpétrée dans le village de Dabanga, situé dans l’arrondissement de Waza, où une trentaine d’hommes armés à moto auraient ouvert le feu sur les populations. Cette attaque aurait fait plusieurs victimes supplémentaires, tandis que les blessés ont été transférés vers l’infirmerie militaire de la localité.
Ces nouvelles violences illustrent la persistance de la menace terroriste dans le bassin du lac Tchad. Malgré les opérations menées par les forces de défense camerounaises en collaboration avec la Force multinationale mixte (FMM), les combattants de Boko Haram et des groupes dissidents continuent de mener des incursions meurtrières contre les populations civiles.
Les spécialistes expliquent cette situation par plusieurs facteurs, notamment la porosité de la frontière entre le Cameroun et le Nigeria, qui facilite les mouvements des groupes armés, ainsi que les difficultés liées au contrôle permanent de certaines zones reculées où les effectifs militaires demeurent limités.
Après plusieurs mois marqués par une relative accalmie, cette succession d’attaques rappelle que la menace reste bien présente dans l’Extrême-Nord. Les populations, déjà éprouvées par plus d’une décennie d’insécurité, continuent de vivre dans la crainte de nouvelles incursions, tandis que les autorités poursuivent leurs efforts pour contenir l’activisme des groupes terroristes et renforcer la protection des zones frontalières.