
Vingt ans après la signature du premier Contrat de désendettement et de développement (C2D) entre le Cameroun et la France, le mécanisme de coopération présente des résultats significatifs dans plusieurs secteurs stratégiques. Réunis à Yaoundé à l’occasion de la 17e session du Comité d’orientation et de suivi, les responsables camerounais et français ont dressé le bilan de deux décennies d’investissements consacrés aux infrastructures, à l’agriculture, à l’éducation et à la santé. Une occasion également de réfléchir aux perspectives de l’après-C2D face aux nouveaux défis du développement.
Le Contrat de désendettement et de développement (C2D) continue de marquer durablement le paysage socio-économique camerounais. Deux décennies après sa mise en œuvre, ce mécanisme de coopération financière entre le Cameroun et la France a permis de mobiliser d’importantes ressources destinées au financement de projets structurants à travers le pays.
La 17e session du Comité d’orientation et de suivi du C2D, tenue récemment à Yaoundé en présence de plusieurs membres du gouvernement et des partenaires techniques, a été l’occasion de faire le point sur les réalisations enregistrées depuis le lancement du programme en juin 2006.
Selon les chiffres présentés au cours des travaux, le Cameroun a déjà honoré une grande partie de ses engagements financiers dans le cadre de cet accord. Sur les 967,4 milliards de francs CFA prévus à terme, près de 944,8 milliards ont déjà été remboursés et réinvestis dans des programmes de développement, représentant un taux de mobilisation supérieur à 97 %. Le montant restant à reverser est estimé à un peu plus de 22 milliards de francs CFA.
Au fil des années, le C2D a permis la signature de 54 conventions de financement couvrant plusieurs domaines jugés prioritaires pour la croissance économique et le bien-être des populations.
Les infrastructures routières figurent parmi les principaux bénéficiaires de ces investissements. Plus de 339 milliards de francs CFA ont été consacrés à la modernisation du réseau de transport. Ces financements ont notamment permis la construction de nombreux ouvrages d’art, la réhabilitation d’axes routiers stratégiques et l’aménagement de pistes rurales facilitant l’accès aux zones de production agricole.
Dans les centres urbains, plusieurs projets ont contribué à améliorer la mobilité des populations. Parmi les réalisations emblématiques figure le deuxième pont sur le Wouri à Douala, infrastructure majeure qui a permis de fluidifier le trafic routier et de renforcer les échanges économiques autour du principal port du pays.
Le secteur agricole a également bénéficié d’un accompagnement important. Grâce aux programmes dédiés à la formation et à l’appui aux exploitations familiales, des milliers de producteurs ont pu améliorer leurs capacités techniques et développer leurs activités. Plus de 21 000 jeunes ont été formés aux métiers de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, tandis que plusieurs centaines de milliers de familles rurales ont bénéficié d’un soutien dans le cadre de projets de production et de modernisation des exploitations.
Les défis restent nombreux
Les investissements ont également porté sur le développement du capital humain. Dans le domaine de la santé, plus de 114 milliards de francs CFA ont été engagés pour renforcer l’accès aux soins. Ces ressources ont notamment permis d’améliorer la prise en charge des femmes enceintes à travers des dispositifs d’accompagnement sanitaire destinés à réduire les risques liés à la maternité.
Le secteur éducatif a lui aussi enregistré des avancées significatives. Des milliers d’enseignants ont été recrutés ou contractualisés afin de renforcer les effectifs dans les établissements scolaires. Parallèlement, la construction de nombreuses salles de classe a contribué à améliorer les conditions d’apprentissage dans plusieurs régions du pays.
Au-delà de ce bilan largement positif, les responsables camerounais et français s’interrogent désormais sur les perspectives à long terme de cette coopération. Alors que le programme approche progressivement de son terme, les discussions portent déjà sur les mécanismes susceptibles de prendre le relais afin de poursuivre les efforts de développement engagés.
Les défis restent nombreux : adaptation aux changements climatiques, renforcement de la sécurité alimentaire, accélération de la transition énergétique, amélioration de la résilience des territoires et création d’opportunités pour une jeunesse de plus en plus nombreuse.
Après vingt années de mise en œuvre, le C2D apparaît comme l’un des principaux instruments de coopération ayant contribué à financer des projets structurants au Cameroun. Son héritage se mesure aujourd’hui à travers les infrastructures réalisées, les services publics renforcés et les milliers de bénéficiaires qui ont vu leurs conditions de vie s’améliorer. Reste désormais à bâtir une nouvelle dynamique capable de répondre aux défis de demain et de prolonger les acquis de cette coopération exceptionnelle entre le Cameroun et la France.