Affaire Martinez Zogo : le capitaine Effoudou met en cause Ferdinand Ngoh Ngoh et relance la polémique

Le procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo continue de susciter de vives réactions. Invité de l’émission Masterclass, animée par le journaliste Morgan Palmer, le capitaine Effoudou, ancien chef du bureau du renseignement à l’État-major particulier de la présidence de la République, a formulé de graves accusations contre le ministre d’État, secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. Des déclarations qui interviennent alors que la justice militaire poursuit l’examen de cette affaire.

Au cours de son entretien avec Morgan Palmer, le capitaine Effoudou a affirmé que Ferdinand Ngoh Ngoh serait, selon lui, le commanditaire de l’assassinat de Martinez Zogo. Interrogé sur l’identité de celui qu’il estime responsable de ce crime, l’ancien officier a répondu sans ambiguïté en désignant le secrétaire général de la présidence. Il a également soutenu que ces éléments seraient connus du président Paul Biya, sans toutefois produire publiquement de preuves à l’appui de cette affirmation. Pour justifier ses accusations, le capitaine Effoudou a évoqué plusieurs motivations qu’il présente comme ayant pu conduire à l’élimination du journaliste.

Il a d’abord fait état d’une supposée relation extraconjugale entre Martinez Zogo et l’épouse de Ferdinand Ngoh Ngoh, qu’il présente comme un premier mobile. Il a ensuite affirmé que l’objectif aurait été de permettre une prise de contrôle exclusive de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE). Enfin, il a évoqué l’existence d’un prétendu projet qu’il qualifie d’hostile au pouvoir, lequel aurait, selon ses déclarations, bénéficié du soutien financier de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga. Aucune de ces allégations n’a été étayée publiquement par des éléments de preuve au cours de cette intervention.

L’ancien responsable du renseignement est également revenu sur les relations entre Ferdinand Ngoh Ngoh et un ancien dirigeant de la DGRE. Il affirme qu’une rivalité aurait opposé les deux responsables à partir de 2019.

Un dossier toujours pendant devant la justice

Selon lui, cette situation se serait traduite par une réduction progressive des ressources budgétaires allouées aux services de renseignement, dans le cadre d’un conflit qu’il décrit comme une « guerre ouverte mais silencieuse ».

Ces nouvelles déclarations interviennent alors que le procès de l’affaire Martinez Zogo se poursuit devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Plusieurs personnalités civiles et militaires sont poursuivies dans ce dossier, qui continue de retenir l’attention de l’opinion publique nationale.

À ce stade de la procédure, les accusations formulées par le capitaine Effoudou relèvent de ses déclarations personnelles et n’ont pas été établies par une décision de justice. Il appartient au tribunal, au terme des débats et de l’examen des éléments de preuve, de déterminer les responsabilités éventuelles dans cette affaire.

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