
2026 marque le début du remboursement de 573 milliards FCFA au FMI, une charge financière importante pour le budget national. Par ailleurs, le FMI alerte sur la vulnérabilité du secteur bancaire, qui doit soutenir les ambitions de croissance tout en faisant face au resserrement des conditions financières internationales. L’économie reste exposée à la forte volatilité des prix des matières premières, impactant directement les recettes d’exportation.
Au Cameroun, le FMI prévoit une croissance de 3,3 % pour 2026, à condition que les investissements publics se poursuivent et que les réformes de gouvernance s’accélèrent. Cependant de nombreux défis attendent les autorités en 2026 du fait de la situation dans la zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) mais également face aux chocs liés à la fermeture du détroit d’Ormouz.
« Des perturbations liées aux élections », avec notamment la présidentielle du 12 octobre dernier, ont affecté l’économie du Cameroun en octobre et en novembre 2025, pointe le Fonds monétaire international (FMI). Commerces, services et investissement ont été touchés, poursuit l’institution.
Le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) faisait les comptes en janvier. Selon le Gecam, il s’agit de plus de 200 milliards de francs CFA de pertes directes (environ 304 millions d’euros), un manque à gagner fiscal de 43 milliards de francs CFA (soit près de 65 millions d’euros).
Le FMI souligne également un « dérapage des dépenses courantes », sans en préciser directement les raisons : +11%, selon le projet de loi de finances 2025. Plusieurs sujets sont concernés : l’organisation des élections, mais aussi les dépenses engagées par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) pour le compte de l’État dédiées à la sécurité notamment. Conséquence : un léger ralentissement de la croissance.
Le Fonds monétaire international (FMI) estime que le Cameroun pourrait retrouver une croissance plus soutenue à moyen terme, mais à une condition claire : que la diversification de l’économie, notamment par les mines, se concrétise réellement et que les réformes annoncées soient menées jusqu’au bout.
Dans sa communication de fin de mission au titre de l’Article IV 2026, l’institution prévoit une progression du PIB de 3,1 % en 2025, puis de 3,3 % en 2026, avant une remontée graduelle jusqu’à 4,6 % en 2031. Cette amélioration reposerait sur la montée en puissance de l’activité minière, un investissement public plus soutenu et une réduction progressive de certains goulets d’étranglement, en particulier dans l’énergie.
Le message du FMI est sans ambiguïté : le pétrole ne peut plus, à lui seul, tirer durablement la croissance camerounaise. Déjà, lors de la huitième revue du programme en juillet 2025, le Fonds soulignait la nécessité d’accroître les recettes non pétrolières, de réduire les vulnérabilités du secteur financier et de corriger les faiblesses persistantes en matière de gouvernance, de gestion publique et de lutte contre la corruption.
Le FMI, qui travaille avec les autorités camerounaises à un nouveau programme, appelle donc à une consolidation budgétaire, afin d’« atténuer les risques pesant sur la viabilité de la dette ». Pour cela, l’institution appelle à mobiliser davantage de recettes, à mieux contrôler les dépenses, ou encore à finaliser les réformes relatives aux subventions des carburants.