Inflation au Cameroun : deux années de flambée des prix qui pèsent sur le pouvoir d’achat

Malgré un ralentissement progressif observé depuis plusieurs mois, l’inflation demeure une préoccupation majeure au Cameroun. Depuis 2023, les ménages font face à une hausse continue du coût de la vie, particulièrement sur les produits alimentaires. Les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS) montrent que les tensions persistent, notamment sur les marchés des denrées de première nécessité, où légumes, viandes et produits de la mer continuent d’alimenter la hausse des prix.

Depuis plus de deux ans, l’économie camerounaise évolue dans un contexte marqué par une forte pression inflationniste. Si les indicateurs affichent aujourd’hui une légère amélioration par rapport aux niveaux records enregistrés en 2023, les consommateurs continuent de ressentir les effets de la hausse des prix dans leur quotidien.

Au plus fort de la crise inflationniste, en novembre 2023, le taux d’inflation atteignait 7,5 %, soit plus du double du seuil de convergence de 3 % fixé par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Cette flambée était alors portée par l’augmentation des prix des produits alimentaires, des transports et des biens de consommation courante. Dans plusieurs régions du pays, notamment à l’Est, les niveaux d’inflation dépassaient même les 8 %.

Depuis lors, une tendance à l’accalmie s’est progressivement dessinée. Les mesures de stabilisation engagées par les autorités, combinées à une amélioration relative des circuits d’approvisionnement, ont permis de ralentir la progression générale des prix. En mai 2026, l’inflation annuelle est ainsi redescendue à 2,7 %, contre 3,3 % un an auparavant et bien en dessous des niveaux observés en 2023.

Cette évolution positive reste toutefois fragile. Les chiffres publiés par l’INS révèlent qu’en mai 2026, les prix à la consommation ont augmenté de 0,9 % par rapport au mois d’avril, enregistrant leur plus forte progression mensuelle depuis le début de l’année. Une hausse principalement alimentée par les produits alimentaires, dont les prix ont progressé de 2,3 % sur un seul mois.

Les légumes arrivent en tête des produits les plus touchés, avec une augmentation de 6,1 %, suivis des poissons et fruits de mer (+4,6 %) ainsi que des viandes (+1,6 %). Ces catégories représentent une part importante du panier de consommation des ménages et expliquent pourquoi de nombreux Camerounais continuent de percevoir une cherté persistante de la vie malgré la baisse globale de l’inflation.

Les disparités régionales demeurent également importantes. Alors que certaines villes ont enregistré une relative stabilité des prix, d’autres ont connu des tensions plus marquées. À Bertoua, par exemple, les prix ont progressé de 4,2 % en un mois, tandis que Maroua a enregistré un recul de 0,7 %. Ces écarts s’expliquent notamment par les coûts de transport, la disponibilité des produits agricoles et les difficultés logistiques qui affectent encore certaines zones du pays.

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