Cameroun-Discours de haine : le paix se joue désormais sur les écrans

Si Internet offre une tribune de liberté, il est aussi devenu le terrain de jeu de pyromanes digitaux. Entre fausses informations, insultes communautaires et replis identitaires, le vivre-ensemble de l’Afrique en miniature subit une pression invisible mais bien réelle. 

C’est pour désamorcer cette bombe à retardement que l’association *Civic Watch* a réuni la semaine dernière les forces vives du pays autour d’un défi crucial : assainir notre espace numérique. Le constat dressé par le Dr Ngala Desmond, président de cette organisation citoyenne, est sans appel. La vitesse à laquelle se propagent les discours de haine en ligne dépasse désormais la capacité de réaction des canaux traditionnels. Ce venin virtuel ne reste pas confiné aux smartphones. Comme l’a rappelé Stean Auguste Tshiband, expert auprès des Nations unies, les mots violents finissent souvent par armer les bras dans le monde réel, fragilisant la cohésion nationale et la confiance envers les institutions.

Face à ce péril, l’heure n’est plus aux initiatives isolées. La force de cette rencontre de Yaoundé a été de mettre autour d’une même table tous les visages de la riposte nationale. Des régulateurs des médias aux spécialistes de la cybersécurité, en passant par les éducateurs civiques et les gardiens du bilinguisme, l’appareil étatique a affiché un front uni. Tous partagent désormais la même conviction : si la loi doit punir les dérives les plus graves, la véritable clé du problème réside dans l’éducation et la prévention.

Pour sauver le débat public, le Cameroun mise sur le concept de citoyenneté numérique responsable. L’objectif est d’apprendre aux internautes, et particulièrement aux plus jeunes, à ne plus être les victimes passives des algorithmes de la haine. En développant leur esprit critique face aux rumeurs, les jeunes cessent d’être les cibles des manipulateurs pour devenir les premiers ambassadeurs de la tolérance. Le combat pour la paix ne se gagne plus seulement sur le terrain, il se joue désormais à chaque clic.

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