Fuite de l’or camerounais : un manque à gagner de 2 000 milliards de F en cinq ans

Selon les récentes révélations de la Société Nationale des Mines, (Sonamines), le trafic transfrontalier et l’exportation illégale de l’or vers la place financière de Dubaï ont privé le Trésor public de près de 2 000 milliards de FCFA sur les cinq dernières années.

Ce chiffre alarmant met en lumière les failles structurelles de la chaîne de contrôle et le défi titanesque de la canalisation de l’or artisanal vers les circuits formels de l’État. L’analyse macroéconomique de cette situation révèle un manque à gagner dramatique pour l’investissement public au Cameroun. Ces capitaux volatils, qui s’évaporent à destination des Émirats arabes unis, représentent une perte majeure en termes de recettes fiscales, de redevances minières et de réserves de change pour la sous région. 

Le diagnostic posé par les experts pointe directement du doigt une fiscalité locale perçue comme trop lourde et des lourdeurs administratives persistantes dans l’obtention des certificats d’authenticité, des facteurs qui incitent les intermédiaires et les exploitants étrangers à contourner les structures légales au profit de comptoirs clandestins.

Face à cette porosité des flux, les autorités tendent à réagir en restructurant le cadre réglementaire national. La récente désignation de la Caisse des dépôts et consignations comme gardienne du stock souverain d’or, adossée au rôle de collecteur de la Sonamines, participe de cette volonté de reprise en main. Pour inverser durablement la tendance, le défi consistera à assouplir les procédures d’exportation tout en renforçant la surveillance des sites d’extraction à l’Est du pays, afin de transformer ce potentiel géologique en un véritable levier de croissance inclusive.

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