RGPH-4 : le gouvernement intensifie la mobilisation pour achever le recensement avant l’échéance du 31 juillet

À quelques jours de la fin des opérations du quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4), le gouvernement camerounais renforce son dispositif de terrain afin d’accélérer le dénombrement des populations dans les localités les moins avancées. Le ministère de l’Administration territoriale a appelé les gouverneurs, préfets et sous-préfets à s’investir davantage pour améliorer la couverture du recensement, considéré comme une opération stratégique pour la planification du développement du pays.

Face aux retards constatés dans plusieurs circonscriptions administratives, le ministère de l’Administration territoriale a décidé de renforcer l’implication des représentants de l’État sur le terrain. Dans une correspondance adressée aux autorités administratives, le ministre Paul Atanga Nji demande aux gouverneurs, préfets et sous-préfets de suivre quotidiennement l’évolution des opérations de recensement et de veiller à la bonne coordination des équipes déployées dans leurs ressorts respectifs.

Les responsables locaux sont invités à identifier rapidement les difficultés rencontrées, à faciliter les interventions des agents recenseurs et à mettre en œuvre toutes les mesures susceptibles d’accélérer la collecte des données avant la date de clôture fixée au 31 juillet 2026.

Cette mobilisation traduit la volonté des pouvoirs publics d’assurer une couverture aussi exhaustive que possible de l’ensemble du territoire national.

Des performances jugées insuffisantes dans plusieurs localités

L’appel du ministère intervient alors que certaines zones continuent d’afficher un rythme de collecte inférieur aux attentes.

Les autorités reconnaissent que plusieurs unités administratives accusent encore un retard important dans le dénombrement des ménages, une situation susceptible de compromettre la qualité statistique de l’opération si elle perdure jusqu’à la fin du calendrier.

Sans communiquer de données nationales sur le niveau d’avancement du recensement, le ministère estime néanmoins que des actions correctives doivent être engagées immédiatement afin d’améliorer les performances des équipes sur le terrain.

L’objectif est de garantir que chaque ménage puisse être recensé, condition essentielle pour disposer de statistiques fiables et représentatives.

Les leaders communautaires appelés à soutenir les équipes de terrain

Au-delà de l’administration territoriale, le gouvernement souhaite renforcer la mobilisation des acteurs locaux afin de lever les obstacles rencontrés dans certaines communautés.

Les chefs traditionnels, responsables religieux, élus locaux, représentants des partis politiques, organisations communautaires et autres forces vives sont invités à accompagner les agents recenseurs dans leurs activités de sensibilisation.

Leur implication devrait contribuer à rassurer les populations, à favoriser l’accès aux ménages et à réduire les réticences observées dans certaines localités.

Cette stratégie repose sur la proximité de ces leaders avec les communautés, dont ils constituent souvent les principaux relais d’information et de confiance.

Les grandes villes et certaines régions restent sous surveillance

Les difficultés ne concernent pas uniquement les zones rurales ou enclavées. Selon les évaluations réalisées par les équipes techniques chargées du suivi du RGPH-4, plusieurs secteurs urbains enregistrent également des retards dans les opérations de collecte.

Certains arrondissements de Douala et de Yaoundé figurent parmi les zones nécessitant un renforcement des équipes, aux côtés de certaines localités du Sud-Ouest où des contraintes logistiques et organisationnelles compliquent le déroulement des opérations.

Dans les grands centres urbains, la forte densité de population, la mobilité des habitants, l’accès parfois difficile aux logements ainsi que la méfiance de certains ménages rendent le travail des agents plus complexe. Les autorités misent désormais sur une meilleure répartition des effectifs et un encadrement renforcé afin d’améliorer les performances dans ces secteurs.

Une prolongation du calendrier accompagnée de moyens supplémentaires

Le gouvernement avait déjà pris la décision de prolonger la période de dénombrement afin de permettre aux équipes de finaliser leur mission.

Initialement programmée pour s’achever à la fin du mois de mai, la collecte des données a été repoussée jusqu’au 31 juillet 2026 afin de couvrir les zones insuffisamment recensées et d’améliorer la qualité des informations recueillies.

Cette prolongation s’est accompagnée d’un renforcement des ressources financières consacrées à l’opération, permettant de soutenir le déploiement des équipes et la poursuite des activités sur le terrain. Les autorités espèrent ainsi éviter une nouvelle extension du calendrier tout en garantissant la fiabilité des résultats attendus.

Des données essentielles pour orienter les politiques publiques

Au-delà de son aspect statistique, le RGPH-4 représente un enjeu majeur pour le développement du Cameroun. Le dernier recensement général ayant été réalisé il y a plus de vingt ans, les données actuellement utilisées reposent principalement sur des estimations démographiques actualisées au fil des années.

Les résultats du nouveau recensement permettront d’obtenir une photographie précise de la population, de la répartition des ménages, des conditions de logement, des dynamiques migratoires ainsi que des caractéristiques socio-économiques des habitants.

Ces informations serviront de base à l’élaboration des politiques publiques dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation, l’emploi, les infrastructures, l’urbanisme, la protection sociale ou encore la décentralisation.

Le recensement est par ailleurs mené en parallèle avec le module de base du Recensement général de l’agriculture et de l’élevage, destiné à actualiser les données sur les exploitations agricoles, les activités d’élevage et les ménages vivant de ces secteurs.

La fiabilité des résultats, principal défi de la dernière ligne droite

À l’approche de la clôture des opérations, l’enjeu dépasse le simple respect du calendrier. La priorité des autorités est désormais de garantir que toutes les catégories de population soient effectivement prises en compte, qu’il s’agisse des habitants des grandes métropoles, des quartiers périphériques, des villages reculés ou des zones difficiles d’accès.

La qualité du recensement dépendra de cette couverture nationale. Plus les données seront complètes, plus les pouvoirs publics disposeront d’indicateurs fiables pour orienter les décisions, planifier les investissements et adapter les politiques de développement aux réalités démographiques du pays pour les années à venir.

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