Douala modernise les stations de motos-taxis : un projet de 820 millions FCFA en concertation avec les conducteurs

La Ville de Douala poursuit sa stratégie d’amélioration de la mobilité urbaine avec un ambitieux programme d’aménagement des aires de stationnement des motos-taxis. Réunis le 18 juin 2026 lors d’un atelier de consultation, autorités municipales, responsables du Projet de Mobilité Urbaine de Douala (PMUD) et représentants des syndicats du secteur ont échangé sur la conception, la gestion et l’exploitation future de ces infrastructures destinées à mieux organiser l’activité des motos-taxis dans la capitale économique.

La transformation du paysage urbain de Douala passe désormais par une meilleure intégration du transport par motos-taxis, devenu au fil des années un maillon essentiel de la mobilité quotidienne de milliers d’usagers. Dans cette optique, la salle des fêtes d’Akwa a accueilli, le 18 juin 2026, un atelier de consultation consacré à la conception architecturale et au mode de gestion de plusieurs futurs points de stationnement dédiés aux motos-taxis.

La rencontre était présidée par le premier adjoint au maire de la Ville de Douala, le Dr Jérémie Solle, en présence de Prisca Olinga épouse Tene Mbimi, coordonnatrice du Projet de Mobilité Urbaine de Douala (PMUD). Elle a réuni les représentants de plusieurs organisations professionnelles du secteur, notamment les syndicats OSYMOTRICAM, On est Ensemble, National ainsi que des responsables locaux de stations de motos-taxis, parmi lesquels le président des conducteurs de PK14, Kombou Vicky.

L’objectif principal de cet atelier était de présenter de manière détaillée le projet d’aménagement des aires de stationnement, d’en dévoiler les maquettes conceptuelles et de recueillir les observations des principaux bénéficiaires avant la phase de réalisation. Les participants ont également été informés des mécanismes envisagés pour la gestion, l’entretien et la pérennisation de ces infrastructures.

Dans son allocution d’ouverture, le Dr Jérémie Solle a rappelé que cette initiative s’inscrit dans le cadre des actions engagées par la municipalité pour fluidifier la circulation, améliorer la sécurité routière et renforcer l’organisation du transport urbain. Il a souligné l’importance de la concertation avec les acteurs de terrain afin de garantir que les futurs aménagements répondent effectivement aux besoins des conducteurs et des usagers.

La sécurité des conducteurs

Les échanges ont permis de mettre en lumière plusieurs préoccupations majeures. Les représentants des syndicats ont notamment insisté sur la capacité d’accueil des futures stations, craignant une saturation rapide aux heures de forte affluence. La question de la sécurité des conducteurs, des passagers et des équipements a également occupé une place centrale dans les discussions.

Les participants ont par ailleurs soulevé la problématique de l’occupation des espaces par des conducteurs non affiliés à des organisations professionnelles, souvent accusés de contribuer à la désorganisation du secteur. La maintenance des infrastructures, la gestion des déchets, la discipline des conducteurs ainsi que les modalités de gouvernance des stations ont également fait l’objet de nombreux échanges.

À l’issue des débats, plusieurs recommandations ont émergé. Les représentants des motos-taxis ont notamment plaidé pour l’adoption prioritaire d’un design en forme de « L », jugé plus fonctionnel et mieux adapté aux contraintes de circulation observées sur la plupart des sites identifiés.

D’autres ajustements pourraient également être apportés à certains projets spécifiques. C’est notamment le cas du site d’Ange Raphaël où, selon les conclusions de la Notice d’Impact Environnemental et Social (NIES), des commerçants ont proposé une révision du design afin de permettre l’installation d’activités commerciales au-dessus ou à proximité immédiate de la future aire de stationnement.

La Banque mondiale, partenaire du projet, a de son côté recommandé une actualisation complète des plans topographiques afin d’identifier avec précision l’ensemble des impacts potentiels sur les différents sites concernés.

En clôturant les travaux, le premier adjoint au maire a insisté sur la nécessité pour les conducteurs de s’approprier pleinement les infrastructures qui seront mises à leur disposition. Il a appelé les organisations professionnelles à jouer un rôle moteur dans la préservation des équipements, estimant que leur succès dépendra autant de la qualité des aménagements que du sens des responsabilités des bénéficiaires.

Doté d’un budget estimé à environ 820 millions de FCFA TTC, le programme d’aménagement des aires de stationnement des motos-taxis constitue l’un des volets importants du Projet de Mobilité Urbaine de Douala. Au-delà de la construction d’infrastructures, il vise à professionnaliser davantage le secteur, améliorer les conditions de travail des conducteurs et offrir aux populations un service de transport plus sûr, plus organisé et mieux intégré à la dynamique de développement de la métropole économique camerounaise.

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