
Après les pluies diluviennes qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Limbe, dans le Sud-Ouest, l’Union européenne renforce son soutien humanitaire au Cameroun. Bruxelles mobilise 235 000 euros, soit plus de 154 millions de FCFA, pour assister les populations sinistrées. Une autre enveloppe de 100 000 euros avait déjà été débloquée en août pour contribuer à la riposte contre le choléra dans l’Extrême-Nord.
La solidarité européenne s’intensifie face aux urgences humanitaires qui frappent plusieurs régions du Cameroun. À Limbe, ville côtière du Sud-Ouest particulièrement exposée aux fortes précipitations, les inondations et les glissements de terrain ont causé d’importants dégâts matériels et plongé plusieurs familles dans une situation de grande vulnérabilité.
Pour répondre à cette situation, l’Union européenne a mobilisé une enveloppe de 235 000 euros, équivalant à plus de 154 millions de FCFA. Le financement doit permettre à la Croix-Rouge camerounaise d’apporter une assistance à environ 12 000 personnes, parmi lesquelles 500 ménages considérés comme les plus vulnérables.
Ces familles sont celles dont les habitations ont été partiellement ou totalement détruites par les intempéries. Pour certaines, la catastrophe a entraîné la perte du logement et des biens essentiels, aggravant une situation déjà précaire.
Une réponse qui va au-delà de l’aide matérielle
L’intervention prévue à Limbe ne se limite pas à une aide ponctuelle aux sinistrés. Elle associe plusieurs volets destinés à réduire les risques sanitaires qui accompagnent généralement les catastrophes liées aux inondations.
Une partie de l’appui sera consacrée à l’eau, l’assainissement et l’hygiène, avec notamment la distribution de comprimés destinés au traitement de l’eau, de kits d’hygiène et de dignité ainsi que de moustiquaires. Une assistance financière en espèces est également prévue pour permettre aux ménages affectés de couvrir certains besoins prioritaires.
Le dispositif prévoit par ailleurs le renforcement de la prévention sanitaire. Des volontaires communautaires seront formés puis déployés afin d’assurer la sensibilisation des populations, la surveillance des maladies et la remontée rapide des alertes sanitaires.
Cette dimension est particulièrement importante dans une zone déjà confrontée à des épisodes de choléra. La stagnation des eaux, la dégradation des conditions d’hygiène et les difficultés d’accès à l’eau potable peuvent favoriser la propagation des maladies diarrhéiques. Le risque concerne également les maladies transmises par les moustiques, notamment le paludisme.

100 000 euros déjà mobilisés contre le choléra dans l’Extrême-Nord
L’intervention européenne ne concerne pas uniquement le Sud-Ouest. Quelques semaines auparavant, en août, Bruxelles avait annoncé une autre contribution de 100 000 euros destinée à soutenir les efforts de lutte contre le choléra dans la région de l’Extrême-Nord.
Cette enveloppe vise notamment à renforcer les capacités de prise en charge des malades grâce au déploiement d’unités de traitement du choléra, à l’approvisionnement en médicaments, à la mise en place de points de réhydratation orale et à l’amélioration de la prise en charge des personnes infectées.
À travers ces deux interventions, l’Union européenne entend ainsi accompagner les acteurs humanitaires camerounais dans leur réponse à des crises de nature différente mais présentant un même enjeu : protéger rapidement les populations les plus exposées.
Un financement inscrit dans le mécanisme d’urgence de la Croix-Rouge
Les fonds destinés à Limbe s’inscrivent dans le cadre de la contribution européenne au Fonds d’urgence pour les réponses aux catastrophes (DREF) de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Créé en 1979, ce mécanisme permet de mettre rapidement des ressources financières à la disposition des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge lorsqu’une catastrophe survient et nécessite une intervention immédiate.
La Commission européenne a conclu à cet effet un accord de délégation humanitaire de 16 millions d’euros avec la Fédération internationale. Cette enveloppe permet notamment de réapprovisionner le DREF afin de financer des opérations d’urgence répondant aux besoins humanitaires identifiés.
Au Cameroun, l’aide débloquée intervient donc dans une logique de réponse rapide aux conséquences des catastrophes naturelles et aux crises sanitaires. À Limbe comme dans l’Extrême-Nord, l’objectif est de limiter les conséquences humaines de ces situations d’urgence tout en renforçant les capacités locales de prévention et de prise en charge.
Au-delà des montants mobilisés, l’enjeu est désormais de garantir une intervention rapide sur le terrain, alors que les populations sinistrées de Limbe doivent faire face aux conséquences des intempéries et que le risque épidémique demeure préoccupant dans l’Extrême-Nord.