
Après Yaoundé, le PADESCE poursuit à Douala le renforcement des capacités des professionnels appelés à encadrer les jeunes dans le cadre de son dispositif d’apprentissage de qualité. Organisée les 9 et 10 septembre 2026 au Centre de Formation Professionnelle d’Excellence de Douala, cette deuxième vague de formation concerne 139 maîtres d’apprentissage. Elle constitue une étape clé dans le déploiement d’un programme destiné à accompagner 646 jeunes vers une meilleure insertion professionnelle.
De Yaoundé à Douala, le dispositif entre dans sa phase opérationnelle
Le Projet d’Appui au Développement de l’Enseignement Secondaire et des Compétences pour la Croissance et l’Emploi (PADESCE) poursuit la mise en œuvre de son dispositif d’apprentissage de qualité. Après une première session organisée les 3 et 4 septembre 2026 dans le bassin de Yaoundé, une deuxième vague s’est ouverte les 9 et 10 septembre au Centre de Formation Professionnelle d’Excellence (CFPE) de Douala, au quartier Ndogbat.
Cette nouvelle étape s’inscrit dans la phase 2 de la mise en œuvre de la Fenêtre 2 du Mécanisme Compétitif de Développement des Compétences (MCDC). Le programme vise au total 646 jeunes âgés de 15 à 30 ans, appelés à bénéficier d’un parcours combinant formation et immersion en entreprise.
La répartition prévoit 342 jeunes pour le bassin de Douala et 304 pour celui de Yaoundé. Pour assurer leur encadrement sur le terrain, le dispositif prévoit parallèlement la formation de 244 maîtres d’apprentissage, dont 139 à Douala et 105 à Yaoundé.

L’entreprise comme véritable école du métier
Le choix de renforcer les capacités des maîtres d’apprentissage répond à une nécessité centrale du modèle retenu par le PADESCE : faire de l’entreprise un véritable espace de formation. Dans un système en alternance, l’acquisition des compétences ne repose en effet pas uniquement sur les enseignements dispensés dans les centres de formation. Une part essentielle de l’apprentissage se construit au contact des professionnels, à travers la pratique, l’observation et la réalisation progressive des tâches liées au métier.
Le maître d’apprentissage se retrouve ainsi au cœur du dispositif. Sa mission dépasse la simple transmission d’un savoir-faire technique. Il doit également accompagner le jeune dans sa découverte de l’environnement professionnel, suivre ses progrès, identifier ses difficultés et l’aider à acquérir les comportements indispensables à son insertion durable. La qualité de cet encadrement peut donc directement influencer l’efficacité du parcours de formation et les chances d’intégration du jeune dans le monde du travail.

Des outils pédagogiques pour professionnaliser l’encadrement
Pendant ces deux journées de formation, les professionnels sont appelés à renforcer leurs compétences sur plusieurs dimensions liées à l’apprentissage en alternance. Les travaux portent notamment sur la pédagogie de l’alternance, les techniques d’encadrement, la transmission des savoir-faire ainsi que les outils de pilotage et de suivi-évaluation.
Une attention particulière est également accordée au livret d’apprentissage, destiné à faciliter le suivi du parcours du jeune, ainsi qu’au code de conduite applicable au maître d’apprentissage. Les participants sont par ailleurs sensibilisés aux exigences réglementaires encadrant le contrat d’apprentissage et aux attentes spécifiques du PADESCE dans le cadre de cette phase pilote.
L’objectif est de créer une méthode d’accompagnement suffisamment structurée pour éviter que l’immersion en entreprise ne se limite à une simple présence du jeune sur son lieu de travail. Le dispositif repose sur une organisation associant plusieurs acteurs. La formation doit être réalisée en alternance entre le centre de formation et l’entreprise, sous la supervision du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MINEFOP).
Un contrat d’apprentissage tripartite associe ainsi l’État/PADESCE, l’entreprise d’accueil et le jeune apprenti. Cette architecture vise notamment à clarifier les responsabilités de chacun et à garantir que l’expérience professionnelle corresponde effectivement aux compétences recherchées.Elle doit également permettre d’assurer un meilleur suivi du jeune tout au long de son parcours, depuis son intégration dans l’entreprise jusqu’à l’évaluation de ses acquis.
Une deuxième phase préparée en amont
La session de Douala ne constitue pas une opération isolée. Elle intervient après une première phase consacrée à la préparation du dispositif. Cette étape préalable a notamment permis de mobiliser les entreprises appelées à accueillir les jeunes, de préparer les fiches de postes et les référentiels de compétences, de valider les programmes de formation et de définir le cadre contractuel.
La phase actuellement engagée doit désormais permettre de passer progressivement de la préparation au placement effectif des apprentis en entreprise. Elle comprend notamment le recrutement et le rapprochement entre les profils des jeunes et les besoins des entreprises, la formation des maîtres d’apprentissage, l’immersion, la contractualisation puis le lancement effectif des parcours en alternance.
Répondre au défi de l’employabilité
À travers ce dispositif, le PADESCE cherche à apporter une réponse concrète à l’un des défis persistants du marché du travail camerounais : rapprocher les compétences acquises par les jeunes des besoins réels des entreprises. Le renforcement des maîtres d’apprentissage constitue, à ce titre, un levier important. Un professionnel mieux préparé à transmettre ses compétences peut contribuer à réduire le décalage entre la formation théorique et les exigences pratiques des métiers.
Pour les entreprises, l’enjeu est également de disposer de jeunes progressivement opérationnels, familiarisés avec les méthodes de travail, les règles de sécurité, la discipline professionnelle et les standards propres à leur secteur. Pour les bénéficiaires, l’apprentissage en alternance offre surtout la possibilité d’acquérir une première expérience professionnelle tout en développant des compétences directement mobilisables sur le marché de l’emploi.

Douala, deuxième étape d’un déploiement national
Le choix de Douala pour cette deuxième vague revêt également une importance particulière. Principal bassin économique du Cameroun, la métropole abrite un tissu important d’entreprises et concentre de nombreux métiers susceptibles d’offrir des opportunités d’insertion aux jeunes.
La mobilisation de 139 maîtres d’apprentissage dans la ville traduit donc la volonté de rapprocher davantage le dispositif des réalités du secteur productif. À travers cette démarche, le PADESCE entend progressivement installer une culture de l’apprentissage dans laquelle l’entreprise ne constitue plus seulement un lieu d’embauche, mais devient aussi un espace structuré de transmission des compétences.
Miser sur la qualité pour transformer l’apprentissage en tremplin vers l’emploi
Au-delà des chiffres, la réussite de cette initiative dépendra toutefois de la qualité du suivi des jeunes et de la capacité des différents acteurs à maintenir le lien entre formation, pratique professionnelle et besoins économiques.
La formation des maîtres d’apprentissage constitue ainsi une étape déterminante. Elle doit permettre d’assurer un encadrement plus professionnel des 646 bénéficiaires et de donner davantage de cohérence à leur parcours.
À Douala comme à Yaoundé, le pari du PADESCE est donc clair : faire de l’apprentissage en entreprise un véritable tremplin vers l’emploi, en renforçant simultanément les compétences des jeunes et celles des professionnels chargés de les accompagner.
La session de Douala en quelques chiffres
| Indicateur | Donnée |
| Jeunes bénéficiaires du dispositif | 646 |
| Jeunes dans le bassin de Douala | 342 |
| Jeunes dans le bassin de Yaoundé | 304 |
| Maîtres d’apprentissage à renforcer | 244 |
| Maîtres d’apprentissage à Douala | 139 |
| Maîtres d’apprentissage à Yaoundé | 105 |
| Entreprises partenaires | 18 |