Cameroun : le gouvernement veut faire émerger 300 PME de l’économie circulaire d’ici 2035

Le Cameroun affiche de nouvelles ambitions en matière de développement durable. À travers sa Feuille de Route Nationale pour l’Économie Circulaire 2025-2035, officiellement lancée à Yaoundé, le pays entend accélérer la transformation de son modèle économique en misant sur le recyclage, la valorisation des déchets et l’industrialisation verte. Parmi les principaux objectifs : faire passer le taux de recyclage des déchets solides au-delà de 30 % et favoriser la création de 300 PME spécialisées dans l’économie circulaire au cours des dix prochaines années.

Le Cameroun veut tourner progressivement la page du modèle économique linéaire basé sur le « produire-consommer-jeter ». Avec le lancement officiel de sa stratégie nationale dédiée à l’économie circulaire, les autorités entendent désormais promouvoir une gestion plus durable des ressources, tout en créant de nouvelles opportunités économiques et industrielles.

Présentée le 22 mai 2026 à Yaoundé avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), la Feuille de Route Nationale pour l’Économie Circulaire 2025-2035 fixe des objectifs précis et mesurables. Le gouvernement ambitionne notamment de multiplier les initiatives de recyclage afin de faire passer le taux national de traitement des déchets solides, actuellement inférieur à 10 %, à plus de 30 % d’ici 2035.

Pour atteindre cette cible, le plan est structuré en plusieurs étapes. La première phase, prévue sur les premières années de mise en œuvre, sera principalement consacrée au cadre réglementaire et institutionnel. Il s’agira notamment d’intégrer les principes de l’économie circulaire dans les politiques publiques existantes, de préparer les textes législatifs nécessaires et de sensibiliser les différents acteurs concernés.

Une seconde phase, qui couvrira la période 2027-2030, permettra le lancement des premiers investissements et le déploiement d’infrastructures dédiées au recyclage, à la valorisation des déchets et à la transformation industrielle. À plus long terme, les autorités envisagent d’intégrer pleinement l’économie circulaire dans la stratégie nationale de développement et dans les grands projets industriels du pays.

Quatre secteurs jugés stratégiques ont été retenus comme priorités : l’agro-industrie, la gestion des déchets, la filière plastique ainsi que le secteur forêt-bois. Ces domaines sont considérés comme ceux offrant le plus fort potentiel de création de valeur, d’emplois et d’impact environnemental.

L’un des piliers majeurs de cette stratégie repose sur la création de 300 PME circulaires d’ici 2035. Le gouvernement souhaite encourager l’émergence d’entreprises structurées capables de transformer les déchets en ressources exploitables, tout en développant des activités industrielles plus respectueuses de l’environnement. La réduction des plastiques à usage unique figure également parmi les priorités affichées.

Partenaire technique et financier du projet depuis 2024, la Banque africaine de développement accompagne le Cameroun dans cette transition. L’institution considère l’économie circulaire comme un levier essentiel pour soutenir l’industrialisation, renforcer l’agro-industrie et créer davantage d’emplois qualifiés.

Le Cameroun fait d’ailleurs partie des cinq pays africains sélectionnés dans le cadre du programme spécial de la BAD consacré à l’économie circulaire. Un positionnement qui pourrait permettre au pays de bénéficier d’un accès privilégié aux financements et à l’expertise technique nécessaires pour concrétiser ses ambitions.

À travers cette stratégie décennale, les autorités camerounaises espèrent ainsi poser les bases d’une économie plus verte, plus compétitive et davantage tournée vers la valorisation locale des ressources. Le véritable défi sera désormais de traduire cette vision en réalisations concrètes sur le terrain.

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