
Dans son rapport mondial publié en avril 2026, Amnesty International tire la sonnette d’alarme sur l’aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. L’organisation met particulièrement en avant les lourdes conséquences du conflit sur l’éducation, avec des milliers d’écoles fermées et des millions d’enfants privés d’apprentissage dans un climat marqué par les violences et l’insécurité persistante.
La situation des droits humains demeure préoccupante au Cameroun, notamment dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où les affrontements entre forces gouvernementales et groupes séparatistes armés continuent de produire de lourdes conséquences sur les populations civiles. C’est le constat formulé par Amnesty International dans son rapport annuel consacré à l’état des droits humains dans le monde, rendu public en avril 2026.
L’organisation internationale insiste particulièrement sur la dégradation continue du système éducatif dans ces deux régions en crise depuis plusieurs années. Selon les données relayées par Amnesty International, près de 14 829 établissements scolaires sont restés fermés en 2025, contre 14 364 l’année précédente. Cette situation aurait privé plus de trois millions d’enfants de scolarité, accentuant leur exposition à diverses formes de vulnérabilité, notamment le recrutement par des groupes armés.
Le rapport souligne également les fortes inégalités d’accès à l’éducation, surtout dans les zones rurales les plus exposées à l’insécurité. Amnesty International indique que seulement 41 % des enfants ont pu bénéficier de l’enseignement préscolaire en 2025. Les attaques répétées contre les infrastructures éducatives et les menaces visant les communautés scolaires figurent parmi les principales causes de cette détérioration.
S’appuyant sur des informations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), l’ONG évoque plusieurs incidents sécuritaires ayant ciblé enseignants, élèves et parents d’élèves. Ces actes auraient notamment eu pour objectif d’empêcher la tenue des examens scolaires dans certaines localités.
Au-delà de la crise éducative, Amnesty International décrit un environnement sécuritaire toujours marqué par des violences multiples. Les populations des régions anglophones ont été confrontées à des assassinats ciblés, des enlèvements fréquents, des extorsions, des barrages illégaux ainsi qu’à des restrictions de circulation imposées par des groupes armés. L’ONG mentionne également l’utilisation d’engins explosifs improvisés dans des espaces publics et sur plusieurs axes routiers majeurs.
Les affrontements armés entre séparatistes et forces de défense se sont poursuivis tout au long de l’année 2025, aggravant davantage les conditions de vie des habitants. À cela s’ajoutent les tensions communautaires opposant agriculteurs et éleveurs dans certaines localités du Nord-Ouest, qui ont contribué à renforcer l’instabilité dans la région.
Selon Amnesty International, l’ensemble de ces violences a entraîné le déplacement interne de près d’un million de personnes. Le rapport fait aussi état d’arrestations arbitraires régulièrement signalées par les agences humanitaires, dans un contexte de lutte contre les groupes armés séparatistes.
À travers cette nouvelle publication, Amnesty International attire une fois de plus l’attention sur l’ampleur de la crise humanitaire et sécuritaire dans les régions anglophones du Cameroun. L’organisation estime que la persistance des violences continue d’affecter gravement l’accès à l’éducation, la sécurité des civils et le respect des libertés fondamentales.