
Une vaste opération de vérification des dossiers du personnel de l’Assemblée nationale a conduit au départ de plus de 300 employés exerçant au sein de l’institution sans situation administrative formellement régularisée. Cette initiative, menée dans le cadre d’un audit interne des effectifs, s’inscrit dans une dynamique de rationalisation des ressources humaines et de mise en conformité des procédures administratives.
L’Assemblée nationale est engagée depuis plusieurs semaines dans un processus d’évaluation de ses ressources humaines. À l’issue de cette opération, près de 315 employés ont été remerciés, selon des informations recueillies auprès de sources internes à l’institution.
Les personnes concernées occupaient diverses fonctions depuis trois à quatre ans, mais ne disposaient pas, pour la plupart, de contrats de travail ou d’actes administratifs dûment établis. Cette situation aurait motivé l’ouverture d’un examen approfondi des dossiers du personnel afin d’identifier les agents régulièrement recrutés et ceux dont la présence ne reposait sur aucun fondement administratif clairement établi.
Une commission chargée d’examiner chaque dossier
L’opération a été conduite par la Commission de Suivi et Évaluation de la Performance des Services (CSEPS), chargée de passer au crible les situations administratives des employés de l’institution parlementaire.
Selon une note interne attribuée au rapporteur de la commission, les responsables des différents services ont été invités à transmettre des listes actualisées de leurs effectifs. Les agents concernés devaient ensuite se présenter individuellement devant la commission munis de l’ensemble des documents justifiant leur recrutement ou leur affectation.
Parmi les pièces exigées figuraient notamment les diplômes originaux, les curriculum vitae, les actes de nomination, les contrats de travail, les décisions administratives ou encore les actes de détachement pour les personnels provenant d’autres administrations.
L’objectif affiché était de procéder à une vérification rigoureuse de chaque situation afin d’assurer une meilleure traçabilité de la gestion des ressources humaines.
Une volonté de régularisation des effectifs
Cette opération intervient dans un contexte plus large marqué par la volonté des pouvoirs publics de renforcer la gouvernance administrative et d’assainir les fichiers du personnel au sein de plusieurs institutions publiques.
Les autorités cherchent notamment à disposer d’une meilleure visibilité sur les effectifs réellement en fonction, à lutter contre les irrégularités administratives et à garantir le respect des procédures de recrutement et de gestion du personnel.
Pour certains observateurs, cette démarche pourrait également contribuer à une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement et à une gestion plus transparente des ressources publiques.
Des zones d’ombre subsistent
Si le départ de plus de 300 employés est désormais confirmé par plusieurs sources internes, les circonstances exactes de leur éviction restent encore peu documentées. Aucune communication officielle détaillée n’a, pour l’heure, précisé les critères retenus pour mettre fin à leur collaboration avec l’Assemblée nationale.
Des interrogations demeurent également sur les éventuelles mesures d’accompagnement prévues pour les personnes concernées, certaines ayant exercé leurs fonctions durant plusieurs années au sein de l’institution.
Dans l’attente d’une prise de parole officielle, cette opération suscite de nombreuses réactions et relance le débat sur la gestion administrative du personnel dans les institutions publiques. Elle met surtout en lumière les défis liés à la régularisation des situations professionnelles et à la modernisation de la gouvernance administrative au sein des administrations camerounaises.