
Face à la persistance de l’exploitation artisanale incontrôlée et aux pertes de recettes qu’elle engendre, le Cameroun, via son ministère en charge des Mines, accélère la modernisation de son secteur minier. Les autorités entendent renforcer le cadre réglementaire, améliorer la traçabilité de la production et lutter contre les circuits informels qui privent l’État d’importantes ressources financières.
Le secteur minier camerounais recèle un potentiel considérable. Or, malgré l’abondance de ressources telles que l’or, la bauxite, le fer, le rutile ou encore le cobalt, une part importante de l’activité demeure en marge des circuits officiels.
L’exploitation artisanale et semi-mécanisée, souvent pratiquée dans des zones éloignées, échappe parfois aux mécanismes de contrôle de l’administration. Cette situation favorise la contrebande, les exportations non déclarées et la circulation de revenus qui ne profitent ni au Trésor public ni aux communautés locales. Pour les pouvoirs publics, cette économie souterraine constitue un frein majeur à la contribution du secteur minier au développement national.
Renforcer la gouvernance et la transparence
La réforme engagée par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) par intérim, Fuh Calistus Gentry, vise avant tout à améliorer la gouvernance des activités minières. Le membre du gouvernement souhaite mettre en place des mécanismes plus efficaces de suivi de la production, de collecte des taxes et de contrôle des exportations.
L’objectif est également d’assurer une meilleure identification des acteurs du secteur, depuis les exploitants artisanaux jusqu’aux sociétés minières industrielles, afin de réduire les pratiques informelles et les fraudes.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de transparence dans la gestion des ressources naturelles, considérées comme un levier essentiel de croissance économique.
Mieux encadrer l’exploitation artisanale
L’un des axes majeurs de la réforme concerne l’exploitation artisanale, qui fait vivre des milliers de personnes à travers le pays. Les autorités envisagent de renforcer l’encadrement des orpailleurs et des petites exploitations afin de les intégrer progressivement dans le secteur formel.
Cette formalisation devrait permettre d’améliorer les conditions de travail des exploitants, de renforcer la sécurité sur les sites et de garantir une meilleure traçabilité des minerais extraits.
Elle offrirait également à l’État une meilleure visibilité sur les volumes produits et les revenus générés par cette activité.

Accroître les retombées
Au-delà de la lutte contre l’économie informelle, la réforme ambitionne de faire du secteur minier un moteur plus important de l’économie camerounaise. Le gouvernement entend favoriser la transformation locale des matières premières, attirer davantage d’investissements et créer de nouvelles opportunités d’emplois.
L’amélioration du climat des affaires, la sécurisation des titres miniers et le renforcement des contrôles figurent parmi les leviers identifiés pour atteindre ces objectifs.
Un enjeu majeur pour les finances publiques
Dans un contexte où le Cameroun cherche à diversifier ses sources de revenus et à réduire sa dépendance à certains secteurs traditionnels, la valorisation des ressources minières apparaît comme une priorité stratégique.
En renforçant la réglementation, la surveillance des sites d’exploitation et la traçabilité des productions, les autorités espèrent réduire significativement les pertes liées à l’économie souterraine et accroître la contribution du secteur minier aux recettes publiques.
Cette réforme pourrait ainsi ouvrir une nouvelle étape dans l’exploitation des richesses du sous-sol camerounais, avec l’ambition de faire du secteur minier un véritable pilier du développement économique national.