SONAMINES : le pari de l’État sur la souveraineté minière commence à porter ses fruits

Cinq ans après sa création, la Société nationale des mines (Sonamines) enregistre son premier bénéfice net, évalué à 724,7 millions de FCFA au terme de l’exercice 2025. Cette performance, qui intervient après plusieurs années de mise en place et de structuration, apparaît comme une validation de la vision ayant conduit à la création de cette entreprise publique. Elle consacre également le travail de son directeur général et de ses équipes dans un secteur stratégique longtemps marqué par une faible maîtrise des intérêts de l’État.

La création de la Société nationale des mines (Sonamines) en décembre 2020 avait suscité de nombreuses attentes. Investie de la mission de défendre les intérêts de l’État dans le secteur minier, l’entreprise publique devait contribuer à une meilleure gouvernance des ressources minières, renforcer la traçabilité de la production nationale et accroître les retombées économiques au profit des finances publiques.

Cinq ans plus tard, les premiers résultats financiers positifs semblent donner raison aux pouvoirs publics. Réunis le 12 juin 2026 à Yaoundé dans le cadre des 27e et 28e sessions du conseil d’administration, les administrateurs ont arrêté les comptes de l’exercice 2025, lesquels font ressortir un bénéfice net de 724,7 millions de FCFA. Il s’agit du premier résultat bénéficiaire enregistré par l’entreprise depuis sa création.

Au-delà du chiffre, cette performance revêt une portée symbolique importante. Elle traduit la montée en puissance progressive d’un outil conçu pour permettre à l’État de jouer un rôle plus actif dans l’exploitation et la valorisation des ressources minières nationales. Dans un contexte où la question de la souveraineté économique occupe une place centrale dans les politiques publiques, la Sonamines apparaît de plus en plus comme un instrument stratégique au service de cette ambition.

Cette évolution positive est également le reflet du travail conduit sous la direction générale de l’entreprise. Depuis sa mise en place, le management de la Sonamines s’est attelé à bâtir les fondations institutionnelles, techniques et opérationnelles nécessaires à l’accomplissement de ses missions. Entre l’organisation de la collecte de l’or, le renforcement des mécanismes de contrôle, la structuration des partenariats et la représentation des intérêts de l’État dans plusieurs projets miniers, l’entreprise a progressivement consolidé sa présence dans un secteur particulièrement complexe.

Le quitus accordé par le conseil d’administration à la direction générale constitue à cet égard un signal fort de confiance dans la gestion menée jusqu’ici. Les administrateurs ont ainsi salué les efforts consentis pour faire évoluer l’entreprise d’une phase de construction institutionnelle vers une phase de création de valeur.

Certes, certains observateurs relèvent que le bénéfice net affiché est largement supérieur au chiffre d’affaires déclaré, estimé à 30,55 millions de FCFA. Une situation qui appelle des éclaircissements complémentaires sur la composition des produits ayant alimenté le résultat de l’exercice. Mais en attendant les détails qui pourraient être apportés lors de l’assemblée générale ordinaire appelée à approuver les comptes, le constat demeure : la Sonamines vient d’inscrire son premier exercice bénéficiaire.

Pour une entreprise créée il y a seulement cinq ans afin de repositionner l’État au cœur de la gouvernance minière, cette étape constitue un jalon majeur. Elle conforte la pertinence du choix stratégique opéré par les pouvoirs publics et ouvre la voie à une montée en puissance accrue de la Sonamines dans la réalisation de l’ambition nationale de souveraineté minière.

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