
Le gouvernement camerounais, en partenariat avec les acteurs de la filière banane-plantain, renforce son engagement en faveur de l’emploi des jeunes à travers la cinquième promotion du programme « Un jeune, une plantation de bananes plantains axée sur le marché, un avenir ». Cette année, 500 étudiants issus de cinq établissements supérieurs privés ont reçu des kits de production et 250 000 vitroplants de bananiers. Les promoteurs du projet tablent sur un chiffre d’affaires global d’au moins 855 millions de FCFA dans les onze mois suivant la mise en terre des plants.
Une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles en formation
Le 3 juin à Yaoundé, 500 étudiants sélectionnés dans cinq établissements d’enseignement supérieur privés ont officiellement reçu des équipements agricoles et du matériel destiné à faciliter les travaux de terrain. La cérémonie de remise a été présidée par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobé, dans le cadre de la cinquième cohorte du programme « Un jeune, une plantation de bananes plantains axée sur le marché, un avenir ».
Chaque bénéficiaire s’est vu attribuer 500 plants de bananier issus de la culture in vitro, une technologie reconnue pour ses rendements élevés et sa résistance accrue aux maladies. Au total, 250 000 plants seront ainsi mis en production par les étudiants participants.
À la suite de cette remise, les jeunes ont rejoint la ville de Kribi pour une immersion pratique d’une semaine au sein de l’incubateur de la filière banane-plantain. Cette phase de formation vise à leur transmettre les compétences techniques nécessaires à la conduite de plantations modernes ainsi qu’à la gestion des différentes opérations de la chaîne de valeur.
Un potentiel économique estimé à 855 millions FCFA
Selon les projections de l’Association nationale des acteurs de la filière banane-plantain du Cameroun (FBPC), qui pilote l’initiative, les plantations mises en place par les étudiants devraient générer un chiffre d’affaires cumulé d’au moins 855 millions de FCFA dans les onze mois suivant la plantation.
Le programme repose sur un modèle qui associe apprentissage académique et entrepreneuriat agricole. Les étudiants développent ainsi de véritables exploitations commerciales tout en poursuivant leurs études, leur permettant de disposer de sources de revenus avant même l’obtention de leurs diplômes.
Pour Samuel Tony Obam Bikoué, président de la FBPC, cette approche constitue une réponse concrète au défi de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. Elle favorise l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de transformer l’agriculture en activité rentable et durable.
La banane plantain, une culture stratégique pour le Cameroun
La filière banane-plantain occupe une place importante dans l’économie agricole nationale. D’après les statistiques du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, elle contribue à hauteur de 16 % aux revenus des producteurs agricoles et représente environ 4,3 % du produit intérieur brut agricole du pays.
La production nationale dépasse actuellement six millions de tonnes par an. Les autorités ambitionnent de porter ce volume à dix millions de tonnes d’ici 2030 afin de répondre à une demande intérieure en constante progression et de renforcer la sécurité alimentaire.
Le Cameroun figure également parmi les plus grands consommateurs de banane plantain au monde, avec une consommation moyenne estimée à 181 kilogrammes par habitant chaque année, ce qui confirme l’importance stratégique de cette culture dans les habitudes alimentaires nationales.
Miser sur la transformation pour créer davantage de valeur
Au-delà de la production agricole, les promoteurs du programme souhaitent accélérer l’industrialisation de la filière. Leur stratégie prévoit l’installation progressive de petites unités de transformation au sein des établissements participants.
Ces infrastructures permettront de produire des dérivés à forte valeur ajoutée, notamment des chips de plantain, de la farine et d’autres produits transformés destinés au marché local. Cette orientation vise à accroître les revenus générés par la filière tout en créant de nouvelles opportunités économiques pour les étudiants et les institutions de formation.
Les établissements partenaires pourront également valoriser leurs espaces fonciers à travers des exploitations agricoles pédagogiques et commerciales gérées par les apprenants, renforçant ainsi leur autonomie financière et l’utilisation productive de leurs ressources.
Un plan ambitieux pour 10 000 étudiants et 10 000 entreprises
Cette initiative s’inscrit dans un programme quinquennal plus large porté par les autorités et les acteurs de la filière. L’objectif est d’accompagner 10 000 étudiants sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la banane-plantain, de la production à la commercialisation en passant par la transformation.
À terme, les promoteurs ambitionnent de favoriser la création de 10 000 entreprises agricoles capables de contribuer durablement à l’approvisionnement du marché national, à la création d’emplois et à la modernisation de l’agriculture camerounaise.
À travers ce projet, le Cameroun entend faire de la filière banane-plantain un véritable levier de croissance économique, tout en offrant aux jeunes des perspectives concrètes d’autonomisation et d’entrepreneuriat.