
Le tissu économique national fait face à une vulnérabilité structurelle face aux chocs financiers et opérationnels. Pour y remédier, CCA-Bank et Afri Insurance ont réuni les chefs d’entreprise à Douala afin de vulgariser les mécanismes modernes de gestion des risques.
Les petites et moyennes entreprises constituent plus de quatre-vingt-dix pour cent du tissu économique camerounais, mais elles demeurent les premières victimes des imprévus financiers. Conscientes de cette fragilité, la CCA-Bank et la compagnie Afri Insurance ont pris l’initiative de rassembler les dirigeants de PME autour d’une problématique cruciale qui est la maîtrise des risques en entreprise. Cette synergie entre un acteur bancaire de premier plan et un spécialiste de l’assurance démontre une volonté partagée de dépasser la simple relation de guichet pour s’inscrire dans un véritable accompagnement stratégique. En consolidant les connaissances des entrepreneurs, les deux institutions cherchent à créer un écosystème plus résilient et mieux armé face aux incertitudes du marché.
Anticiper le risque pour garantir le financement
Pour un analyste économique, le manque de culture du risque reste l’un des principaux obstacles à l’accès au crédit pour les PME locales. Les banques se montrent souvent frileuses face à des structures qui ne disposent d’aucun plan de contingence en cas d’incendie, de perte de dirigeants clés ou de rupture brutale de la chaîne d’approvisionnement. Les échanges de Douala ont mis en lumière le fait que la gestion des risques ne doit plus être perçue comme une charge financière ou une contrainte bureaucratique, mais plutôt comme un levier de performance et de crédibilité. Une entreprise qui sait identifier ses menaces et qui souscrit à des polices d’assurance adaptées présente un profil de risque nettement plus attractif pour les comités de crédit bancaire.
Cette initiative conjointe pose les bases d’une mutation nécessaire dans la gouvernance des entreprises privées au Cameroun. L’approche traditionnelle qui consiste à réagir après la survenue d’un sinistre doit céder la place à une culture de la prévention et de la couverture systématique. En intégrant les solutions assurancielles dès la phase de planification financière, les promoteurs de PME sécurisent non seulement leurs investissements, mais ils protègent également les emplois qu’ils génèrent. À long terme, la généralisation de ces bonnes pratiques pourrait réduire de manière significative le taux de mortalité précoce des jeunes entreprises sur le plan national et stimuler une croissance économique beaucoup plus stable.