
Promulguée dix jours après son adoption, la loi révisant la Constitution camerounaise marque une évolution majeure du système institutionnel. Elle introduit notamment la fonction de vice-président, dans un contexte marqué par les interrogations autour de la succession au sommet de l’État.
Le 14 avril 2026, le président Paul Biya a officialisé la promulgation de la loi portant révision de la Constitution, adoptée quelques jours plus tôt par le Parlement réuni en congrès. L’annonce, relayée par la radiotélévision nationale, consacre l’entrée en vigueur immédiate de cette réforme institutionnelle.
Parmi les principales innovations, figure la création du poste de vice-président de la République. Cette disposition confère désormais au chef de l’État la possibilité de désigner un collaborateur direct, appelé à jouer un rôle clé au sommet de l’exécutif. Une évolution qui alimente les analyses sur la préparation de l’après-Biya, dans un contexte politique où les débats sur la succession se font de plus en plus visibles.
Cette réforme intervient alors que le président, réélu pour un nouveau mandat, est régulièrement critiqué pour son absence d’initiatives sur le plan gouvernemental. Depuis plusieurs années, aucun remaniement ministériel n’a été engagé, malgré des postes laissés vacants à la suite de disparitions ou de départs au sein de l’équipe gouvernementale.
Avant cette révision constitutionnelle, le chef de l’État avait amorcé des ajustements institutionnels au sein du Parlement, à travers une redistribution de certains postes. Mais l’introduction du poste de vice-président marque une inflexion notable, perçue par certains comme une tentative de structurer la transition future du pouvoir.
Reste désormais à savoir qui sera choisi pour occuper cette fonction nouvellement créée. Cette nomination, très attendue, pourrait donner des indications sur les équilibres internes du pouvoir et les perspectives politiques à venir.
En attendant, le débat autour de la pertinence de cette réforme continue d’animer la scène publique, tant au niveau national qu’international, entre partisans d’une modernisation des institutions et critiques d’une manœuvre politique.