L’Afrique veut étancher sa soif en eau potable à partir de Yaoundé

Le 23e Congrès international et exposition de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA), qui se tient du 9 au 13 février 2026 à Yaoundé, Cameroun, représente l’un des événements majeurs pour les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique.

Ce congrès, placé sous le thème Eau et assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique », rassemblera des acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement venus de plus de 25 pays africains. L’AAEA met en exergue l’urgence de l’accès à l’or bleu en Afrique, avec près de 400 millions d’Africains n’ayant pas accès à une eau potable de qualité et environ 800 millions vivant sans assainissement adéquat. Le congrès vise à mobiliser des ressources pour des actions concrètes et redéfinir une nouvelle trajectoire d’accélération de l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement. 

C’est que les statistiques l’imposent. Plus de 400 millions d’Africains n’ont pas accès à une eau potable sécurisée. Environ 700 millions sont sans service d’assainissement adéquat. Quant ‘ au besoins d’investissements, ils sont limités à plus de 40 milliards de dollars par an. Olivier Gosso, Directeur exécutif de l’AAEA appelle donc une action collective “ A travers le monde, et plus encore en Afrique, la question de l’eau et de l’assainissement  est devenue un marqueur de développement, un révélateur des capacités institutionnelles et un test de la solidarité collective. Il est donc de la plus grande importance d0élaborer des stratégies communes appropriées en vue d’améliorer efficacement le service public de l’eau et assainissement en Afrique,  » a expliqué le ministre Gaston Eloundou Essomba.

Ce grand rendez-vous continental des acteurs du secteur se veut une rupture avec les discours incantatoires, au profit d’actions concrètes et mesurables.  » Au-delà de la fierté d’assumer une démarche de rupture, le devoir d’agir nous conduira à la formulation et à la mise en œuvre de solutions durables. L’action est la raison d’être de ce 23e Congrès international et Exposition de l’AAEA, dont le thème est : Eau et Assainissement pour Tous : des actions fortes pour l’Afrique « , a déclaré le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye.

Pour le ministre, l’Afrique reste à la croisée des chemins. À l’horizon 2030, le continent pourrait payer un lourd tribut si la cadence actuelle n’est pas revue à la hausse.  » Sur le chemin de l’accès universel se dressent des écueils multiples qui ralentissent le rythme et compromettent les résultats, au grand désarroi des communautés désireuses de bénéficier du bien-être que procure la disponibilité des services d’eau potable et d’assainissement « , a-t-il averti.

Le congrès marque également un tournant stratégique pour l’AAEA, confrontée au retrait progressif de certains partenaires au développement. Dans ce contexte, l’Association s’engage dans une dynamique de réinvention pour poursuivre efficacement ses missions.  » Les partenaires internationaux se sont retirés, mais l’Afrique a fait preuve de résilience. Nous appelons les leaders africains à s’engager davantage. Nous souhaitons que l’AAEA devienne le bras technique de l’Union africaine et figure parmi ses organisations observatrices « , a plaidé Blaise Moussa, DG de CAMWATER et président de l’AAEA.

Là où la ressource est mal gérée…

Pour sa part, le secrétaire exécutif de l’AAEA, Olivier Goussou, a rappelé la dimension éminemment politique et sociale de l’eau, en la présentant comme un facteur de prévention des tensions et un levier majeur de résilience face aux changements climatiques.  » L’eau est un bien profondément politique et social. Là où elle est mal gérée, les tensions naissent. L’accès à l’eau n’est pas un luxe, mais un droit fondamental « , a-t-il martelé.

Pendant cinq jours, experts, opérateurs publics et privés, chercheurs et partenaires au développement échangeront leurs expériences à travers des conférences techniques, des panels de haut niveau et une exposition dédiée aux innovations et solutions adaptées aux réalités africaines. En accueillant ce congrès, le Cameroun réaffirme son engagement en faveur du développement du secteur de l’eau et de l’assainissement et son rôle actif dans la coopération africaine. L’Afrique veut étancher sa soif en eau potable à partir de Yaoundé.

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