Cameroun : Maurice Kamto demande de voter Issa Tchiroma Bakary ou Bello Bouba Maïgari

Le mot d’ordre tant attendu par des soutiens de Maurice Kamto est arrivé ce vendredi 26 septembre 2025, veille du lancement de la campagne électorale pour l’élection du 12 octobre. Il est contenu dans la déclaration que l’ancien président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), a porté à l’attention de l’opinion ce jour. Le leader du MRC laisse ses sympathisants voter « en âme et conscience » entre Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maïgari.

Alors que beaucoup espéraient une consigne de vote de sa part, l’homme politique a pris une décision forte : « il convient de laisser à chaque électeur la responsabilité pleine et entière de voter librement, en son âme et conscience pour le candidat de l’opposition de son choix.  

En substance, après avoir mené des consultations auprès de sept des 11 candidats de l’opposition qui sont face au candidat sortant Paul Biya, Maurice Kamto et l’Alliance politique pour le changement (APC) qui le soutient ont tiré une conclusion.

Cette conclusion est qu’il « convient de laisser à chaque électeur la responsabilité pleine et entière de voter librement en son âme et conscience pour le candidat de l’opposition de son choix lors de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025 », déclare le candidat malheureux qu’avait porté le Manidem. Les raisons qui ont conduit à cette conclusion sont au nombre de trois.

D’abord, l’ancien candidat et ses soutiens disent  avoir constaté l’absence d’une coalition de candidats, même limitée, avec les candidats du grand nord capable de fédérer les moyens et de créer une dynamique populaire, puissante, en mesure d’assurer la victoire du peuple à l’élection présidentielle.

Ensuite, ils déclare avoir constaté l’existence d’une profonde division au sein de la population en particulier parmi les soutiens des candidats de l’UNDP, Bello Bouba Maïgari et du FSNC, Issa Tchiroma Bakary qui entraîne l’absence d’une entente pour un seul candidat parmi les deux.

DECLARATION AU SUJET DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE PRÉVUE LE 12 OCTOBRE 2025.

Mes chers compatriotes,

Malgré la décision inique et ignoble de rejet de ma candidature à l’élection présidentielle prévue en octobre prochain, de nombreux Camerounais ont continué de penser que je peux encore jouer un rôle important quant à l’issue de ce scrutin. Je les remercie de leur estime renouvelée et de leur confiance inébranlable.

J’ai écouté leurs appels réitérés et me suis résolu à voir dans quelle mesure je pouvais y répondre au mieux, comme c’est toujours le cas lorsque l’intérêt supérieur et l’avenir de notre pays m’interpellent.

C’est dans cet esprit que j’ai lancé, le 16 septembre dernier, un « Appel aux candidats de l’opposition en lice » à l’élection en question. Je les exhortais à s’unir, idéalement derrière l’un d’entre eux ou, à défaut, de former une coalition de plusieurs candidats de poids autour de l’un de ceux qui parmi eux ont une grande expérience politique et de la gestion de l’Etat, en l’occurrence l’un des deux candidats originaires de la partie septentrionale du pays, sur la base d’une entente préalable entre ces derniers. Une telle démarche était, à mon sens, susceptible d’enclencher une dynamique populaire nationale. Elle aurait permis la mutualisation des efforts et d’éviter la dispersion des voix, rendant inéluctable la victoire du candidat porté par l’ensemble du peuple du Changement, autant dire tout le Peuple camerounais.

Depuis cet Appel, j’ai reçu et échangé avec sept des onze candidats de l’opposition, y compris les plus importants, ainsi que quelques personnalités de la société civile. Je n’ai pas épargné mes efforts pour encourager la réalisation d’une entente entre les candidats de l’UNDP et du FSNC afin de rendre possible une coalition, même limitée des candidats de l’opposition autour d’eux. Cette démarche offrait, à mes yeux, une réelle chance de victoire qui répondrait au désir profond de changement qui monte du pays tout entier.

L’engagement tardif dans la course à la fonction de Président de la République des deux candidats originaires du grand Nord, que l’opinion semble considérer comme les candidats majeurs à l’élection à venir, ne leur a pas laissé le temps de la préparation multiforme indispensable pour espérer, l’un ou l’autre, créer tout seul une dynamique de victoire.

Aujourd’hui, vendredi 26 juillet 2025, nous sommes la veille de l’ouverture de la période de la campagne électorale, au cours de laquelle on devrait présenter un candidat de coalition aux électeurs et à tout le peuple camerounais à travers le pays; expliquer sa mission; fixer son visage dans l’esprit des électeurs, surtout dans les zones rurales. Or un tel candidat n’a pu être trouvé, au grand dam des Camerounais.

Il y a donc lieu de faire le constat suivant:

1- L’absence d’une coalition de candidats, même limitée, avec les deux candidats du grand Nord, capable de fédérer les moyens et de créer une dynamique populaire puissante en mesure d’assurer la victoire du peuple à l’élection présidentielle prochaine.

2- L’existence de profondes divisions au sein de la population, en particulier parmi les soutiens des candidats de l’UNDP et du FSNC, conséquence de l’absence d’une entente pour un seul candidat parmi les deux.

3- La perspective d’un éparpillement des voix susceptible de compromettre sérieusement les chances de victoire d’un candidat de l’opposition.

En conséquence de tout ce qui précède, nous, Maurice KAMTO et l’Alliance Politique pour le Changement (APC) qui soutenait ma candidature, sommes parvenus à la conclusion qu’il convient de laisser à chaque électeur la responsabilité pleine et entière de voter librement, en son âme et conscience, pour le candidat de l’opposition de son choix, lors de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025.

Fait à Yaoundé, le 26 septembre 2025

Maurice KAMTO

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