
Face à la forte dépendance du pays aux importations de produits pétroliers, le Cameroun accélère la modernisation de ses infrastructures de stockage et de transport. À Douala, trois nouveaux équipements de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) viennent d’être mis en service, avec pour ambition de sécuriser davantage l’approvisionnement national et de renforcer les réserves stratégiques.
Le Cameroun entend consolider sa sécurité énergétique en renforçant progressivement les maillons essentiels de sa chaîne d’approvisionnement en hydrocarbures. Cette orientation s’est concrétisée à Douala, vendredi 21 août 2026, avec la mise en service de trois infrastructures majeures de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), sous la conduite du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba.
Parmi les nouveaux équipements figure une sphère de stockage de gaz de pétrole liquéfié (GPL), d’une capacité de 1 000 tonnes, construite sur le site de Bonabéri. Cette installation permet de porter les capacités de stockage de GPL du site de 2 500 à 3 500 tonnes, soit une augmentation de 40 %. Le dispositif devrait encore être renforcé avec la construction annoncée de deux autres sphères, qui porteront à terme la capacité totale à 5 500 tonnes.
Autre infrastructure stratégique : un deuxième pipeline reliant le Port autonome de Douala au dépôt pétrolier de Bessengué. Long d’environ quatre kilomètres, cet ouvrage doit fluidifier l’acheminement des produits pétroliers entre le port et les installations de stockage. Selon les projections présentées, la capacité mensuelle de réception pourrait passer de 210 000 à près de 345 000 m³. Une évolution susceptible de réduire les délais de transfert et, par conséquent, les charges associées à l’immobilisation des navires dans le port.
La SCDP s’est également dotée d’un nouvel immeuble siège, qui accompagne cette phase de transformation de l’entreprise et de modernisation de ses moyens opérationnels. Ces investissements prennent une importance particulière dans un contexte marqué par l’arrêt de la production de la Société nationale de raffinage (SONARA) depuis 2019. La suspension de l’activité de raffinage à Limbé a renforcé le recours du Cameroun aux importations de produits pétroliers finis, faisant de la sécurisation des stocks et de la logistique d’approvisionnement un enjeu majeur pour l’économie nationale.
Dans cette perspective, le gouvernement ambitionne d’augmenter progressivement le niveau des stocks de sécurité. L’objectif affiché est de faire passer l’autonomie stratégique d’environ 30 à 60 jours, afin de mieux absorber les éventuelles perturbations des marchés internationaux, les difficultés logistiques ou les tensions sur les approvisionnements.
La dynamique ne devrait d’ailleurs pas se limiter à Douala. D’autres investissements sont annoncés notamment à Ngaoundéré et Bélabo. Le futur terminal à hydrocarbures de Kribi figure également parmi les projets considérés comme prioritaires pour compléter le dispositif national.
Au-delà de l’augmentation des capacités physiques, l’enjeu est de bâtir une chaîne logistique plus efficace et moins vulnérable aux ruptures. Pour les autorités camerounaises, le renforcement des infrastructures de stockage, des capacités de réception et des moyens de transport constitue ainsi l’un des leviers de la souveraineté énergétique.
Avec ces nouvelles installations et les projets annoncés, le Cameroun cherche à se donner davantage de marge de manœuvre face à sa dépendance extérieure. L’ambition est de disposer, à terme, d’un système d’approvisionnement plus robuste, capable de garantir la disponibilité des produits pétroliers et gaziers tout en limitant les risques liés aux fluctuations et aux contraintes du marché international.