Souveraineté au pays du cacao : Chococam redevient (enfin) Camerounais !

Par Juillet Bell

Après plus de 50 ans sous pavillon étranger, le fleuron de la confiserie nationale change de mains. Un rachat historique qui sonne comme une victoire pour l’industrie locale et marque le début d’une nouvelle ère pour le chocolat « Made in Cameroon ».

C’est un séisme de saveurs et de patriotisme économique qui secoue Douala. Depuis novembre 2025, le géant sud-africain Tiger Brands a scellé un accord définitif pour céder ses parts (74,69 %) dans la Chocolaterie Confiserie Camerounaise (Chococam). Le repreneur ? Minkama Capital, un fonds d’investissement dirigé par le financier camerounais Fabrice Ndjodo.

Un retour aux sources attendu depuis 1967

Fondée en 1967, Chococam est née dans le giron du groupe suisse Barry Callebaut avant de passer sous contrôle sud-africain en 2008. Pendant des décennies, les bénéfices de nos célèbres tablettes Mambo, de la pâte à tartiner Tartina ou des iconiques Bonbons Kola prenaient la direction du sud du continent.

Ce rachat, estimé à environ 46,68 milliards de FCFA (soit près de 76 millions de dollars), est bien plus qu’une simple transaction financière. C’est un acte de souveraineté industrielle. Soutenue par un prêt syndiqué massif piloté par BGFIBank, cette opération prouve que le capitalisme camerounais a désormais les reins assez solides pour reprendre les rênes de ses champions nationaux.

Pourquoi c’est une victoire stratégique ?

  • Transformation locale : Le Cameroun est l’un des plus grands producteurs de fèves au monde. Voir Chococam géré par des nationaux permet d’aligner la production de cacao avec une stratégie de transformation locale forte.
  • Fierté nationale : Pour les millions de Camerounais qui ont grandi avec ces produits, savoir que le « chocolat du pays » appartient désormais à des « fils du pays » renforce le sentiment d’appartenance.
  • Signal aux investisseurs : Ce rachat montre que l’expertise financière camerounaise est capable de structurer des deals complexes de niveau international.

Les défis de la « nouvelle » Chococam

Si l’enthousiasme est de mise, le chemin ne sera pas sans embûches. Le nouveau propriétaire devra faire face à la volatilité des cours mondiaux du cacao et à une concurrence régionale de plus en plus agressive. Cependant, avec une part de marché domestique dépassant les 55 %, Chococam reste une machine de guerre commerciale.

La finalisation totale de l’opération est attendue pour la mi-2026. D’ici là, chaque bouchée d’un Mambo aura désormais un goût bien particulier : celui de la liberté retrouvée.

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