Cameroun : l’exploitation pétrolière annoncée dans la région de l’Extrême-Nord reste à l’état de projet

Relancée par certains médias, l’idée d’une exploitation imminente d’un gisement pétrolier dans l’Extrême-Nord suscite espoirs et confusion. La Société nationale des hydrocarbures tempère : le projet existe, mais les conditions ne sont pas réunies pour un lancement à court terme.

L’information a circulé ces derniers jours avec insistance : l’Extrême-Nord du Cameroun serait sur le point de devenir une nouvelle zone d’exploitation pétrolière. Dans une région marquée par une forte précarité économique, la nouvelle a rapidement nourri de grandes attentes. Mais du côté de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), le discours est nettement plus nuancé.

À l’origine de cette agitation médiatique, un document interne datant de 2024, remis au goût du jour sans contextualisation. La SNH reconnaît l’authenticité de cette note, tout en dénonçant une interprétation jugée trompeuse. Selon l’entreprise publique, aucune décision récente ne vient confirmer un démarrage imminent des activités.

Le gisement évoqué, situé dans les localités de Zina et Makary, près de la frontière tchadienne, n’est pourtant pas une découverte nouvelle. Identifié en 2011, il avait même connu un début d’exploitation en 2014, rapidement interrompu par la dégradation de la situation sécuritaire liée aux incursions de Boko Haram dans la zone.

Aujourd’hui encore, malgré une relative accalmie, le contexte reste fragile. À cela s’ajoute un autre obstacle de taille : la faillite de l’opérateur chinois initialement chargé du projet, qui complique davantage toute relance à court terme.

Face à ces contraintes cumulées, la SNH se veut claire : l’exploitation de ce gisement n’est pas d’actualité. L’entreprise met en garde contre toute communication laissant croire le contraire, qu’elle considère comme prématurée, voire nuisible.

Au-delà de la polémique, cet épisode met en lumière la sensibilité des questions liées aux ressources naturelles dans des régions en difficulté. Entre attentes légitimes des populations et réalités du terrain, la prudence reste de mise.

Laisser un commentaire