
Alors que la banque française poursuit son retrait d’Afrique, Yaoundé reprend la main sur SG Cameroun, avec l’objectif de mieux contrôler l’arrivée de nouveaux investisseurs.
L’État camerounais renforce son contrôle sur Société Générale Cameroun en rachetant la participation de 58,08% du groupe Société Générale, devenant ainsi majoritaire avec 83,68% des parts. Cette opération vise à organiser la transition et le contrôle de l’arrivée de nouveaux investisseurs, tout en assurant une gestion transparente de la banque.
Cette transaction est une étape importante dans la stratégie de Société Générale de se retirer de certaines filiales africaines. L’objectif du gouvernement camerounais est de prendre le contrôle de la banque et de guider son avenir, notamment en sélectionnant les futurs repreneurs. L’État camerounais souhaite également assurer une gestion saine et transparente de la banque et envisage d’ouvrir son capital à d’autres partenaires stratégiques, nationaux ou internationaux. La finalisation de l’opération est soumise à l’approbation des autorités de régulation, notamment la COBAC.
A en croire Le Point, la finalisation de l’opération est attendue d’ici à la fin de l’année 2025, sous réserve de l’approbation des autorités réglementaires compétentes, notamment la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac). Deuxième banque de la place en termes de parts de marché derrière Afriland First Bank, la SG Cameroun a enregistré un produit net bancaire (PNB) de 146 millions d’euros en 2024 et emploie environ 700 salariés pour un peu moins de 50 agences.
Alors que la société générale, désireuse de se désengager du Cameroun, avait déjà, selon La Lettre, signé un accord de principe pour un montant de 160 millions d’euros avec le groupe burkinabè Coris en début d’année, le gouvernement camerounais a décidé d’exercer son droit de préemption. « Dans une correspondance datée du 16 janvier 2025, adressée au président du conseil d’administration de la banque, le ministre des Finances a officialisé la volonté de l’État de se porter acquéreur des parts du groupe français. Le droit de préemption, prévu à l’article 10.2 des statuts de la société, donne à l’État la priorité sur tout autre acquéreur potentiel », précise le journal camerounais Ecomatin.