
Le Dr Richard Makon a formulé une critique appuyée de la gouvernance au Cameroun, estimant que le pays pâtit avant tout d’un manque de dirigeants porteurs d’une vision ambitieuse et à la mesure de son potentiel.
Dans une tribune publiée sur ses réseaux sociaux, l’universitaire soutient que le développement d’une nation repose sur la qualité de son leadership. « Les États ont besoin de dirigeants qui ont une grande idée de leurs pays », écrit-il, considérant que le Cameroun fait face depuis plusieurs décennies à un déficit de leadership dont les répercussions se feraient sentir dans de nombreux secteurs de la vie nationale.
« Notre plus grand drame est que notre pays, le Cameroun, n’a jamais eu de dirigeants (ou alors trop peu) à la hauteur de sa grandeur, de sa valeur et de son importance ! Le reste n’est que conséquences en réalité », commente l’universitaire et politologue.
« Je regarde désormais avec beaucoup d’indulgence et de compassion ceux de nos compatriotes qui s’accrochent désespérément sur les oripeaux d’un régime lessivé qui a échoué, lamentablement ! Beaucoup en effet ne connaissent pas autre chose. Ils n’ont rien vu d’autre. Ils n’imaginent pas autre chose. Ils n’ont aucun élément de comparaison. Ils ont vécu dans les ténèbres depuis toujours ! Leur ciel est obscur et leurs rêves ont pour frontière le lac municipal de Yaoundé », ajoute-t-il.
« Oui, beaucoup de nos compatriotes qui défendent mordicus le gouvernement en place, le plus médiocre de l’histoire du monde en passant, au-delà de leurs réflexes du village, n’ont en réalité pour seul horizon que le Cameroun. Leurs références en matière de progrès sont l’axe lourd Yaoundé – Douala, l’échangeur simplifié de Warda, l’université de Ngoa Ekelle, l’hôpital de Nkolndongo, le stade d’Olembé, le marché Ndogbong, le monument j’aime mon pays et le super marché Casino », poursuit-il.
« Ils ne savent pas à quoi ressemble une ville, ce que signifie le progrès, ce que désigne le développement, ce que veut dire un Etat, ce que signifie diriger un pays ! Il ne faut surtout pas les blâmer ! Ils n’ont jamais eu de Gouvernement au sens véritable du terme, et n’en n’ont jamais vu d’autres à l’œuvre ! On n’est pas coupable d’avoir été embastillé 40 ans dans une caverne ! Ce sont des victimes en fait ! Cousteau avait dit : « un poisson élevé dans un aquarium ne peut jamais rêver d’océan », conclut Richard Makon.