Réhabilitation de la route Douala-Bafoussam : le financement de la BID  de 139,2 milliards de F franchit une étape décisive

La réhabilitation de la Route nationale n°5, qui relie Douala à Bafoussam sur près de 218 kilomètres, se précise. Le président de la République, Paul Biya, a autorisé la signature d’un accord de financement avec la Banque islamique de développement (BID), pour un montant annoncé de 212,35 millions d’euros, soit environ 139,2 milliards de FCFA. Un financement qui ouvre la voie à la reconstruction progressive de cet important corridor routier.

La dégradation avancée de la RN5 constitue depuis plusieurs années une source majeure de difficultés pour les usagers reliant la capitale économique aux régions de l’Ouest. Entre Douala et Bafoussam, un parcours qui pouvait autrefois être effectué en environ trois heures et demie peut désormais s’étirer sur plusieurs heures, notamment pendant les périodes de fortes pluies.

Sur certains tronçons, l’état de la chaussée s’est considérablement détérioré. Nids-de-poule, affaissements, ravinements et importantes déformations de la plateforme rendent la circulation particulièrement difficile. La situation est notamment préoccupante dans le Haut-Nkam, ainsi que sur l’axe Bandja-Bafang, où les transporteurs et les automobilistes sont confrontés à des conditions de circulation éprouvantes.

Ces difficultés ont également des répercussions sur les activités des compagnies de transport et sur les coûts supportés par les voyageurs. Certains opérateurs ont, par moments, dû modifier leurs itinéraires sur les portions les plus dégradées, avec pour conséquence des détours plus longs, une augmentation du temps de parcours et une sollicitation accrue des véhicules.

Un projet de grande ampleur

Face à l’urgence, les pouvoirs publics ont déjà engagé des interventions ponctuelles sur les secteurs les plus critiques. La section Bekoko-Loum, longue d’environ 82,2 kilomètres, fait notamment l’objet d’un traitement d’urgence confié à l’entreprise CFHEC sous l’impulsion du ministère des Travaux publics.

Mais ces opérations ne constituent qu’une réponse immédiate à une problématique beaucoup plus vaste. L’objectif affiché est désormais de procéder à une réhabilitation beaucoup plus importante de l’axe Douala-Bafoussam, avec une intervention organisée en plusieurs lots, notamment sur les sections Bekoko-Loum et Loum-Nkongsamba.

L’autorisation accordée par le chef de l’État concernant la conclusion de l’accord avec la Banque islamique de développement représente ainsi une étape importante dans la mobilisation des ressources nécessaires au projet. Selon les éléments communiqués, le financement de la BID s’élève à 212,35 millions d’euros, soit environ 139,2 milliards de FCFA.

Le projet devrait également bénéficier d’une contribution de l’État camerounais à travers le budget d’investissement public. Les chiffres disponibles font état d’une participation nationale représentant environ 10 % du coût global annoncé du programme.

Un axe stratégique pour les échanges

Au-delà de la question du confort des usagers, la réhabilitation de la RN5 revêt un enjeu économique majeur. Cette route constitue l’un des principaux axes reliant Douala, principal pôle économique et portuaire du Cameroun, aux villes de l’Ouest.

Son amélioration doit permettre de faciliter la circulation des personnes et des marchandises, de réduire les temps de parcours et de limiter les coûts liés à la dégradation des véhicules et aux détours imposés par certains tronçons impraticables.

La concrétisation du financement devra désormais être suivie de la finalisation des différentes procédures liées à l’accord, puis du déploiement effectif des travaux. Pour les usagers de la RN5, l’enjeu est considérable : transformer un axe aujourd’hui marqué par de fortes difficultés de circulation en une liaison routière plus sûre, plus régulière et mieux adaptée aux besoins du trafic entre le Littoral et l’Ouest.

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