Mgr Samuel Kleda : “le Cameroun ne devrait pas être une terre d’affrontement ”

Ce samedi 1er novembre 2025, l’archevêque du Cameroun, Mgr Samuel Kleda, a réagi au contexte politique et social du pays après l’annonce des résultats officiels de l’élection présidentielle, le 27 octobre dernier. Le leader religieux a critiqué la situation politique, sociale et économique du pays : il conteste les résultats officiels, sans citer pour autant l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui revendique sa victoire.

c’était une réaction très attendue. Ce samedi 1er novembre 2025, l’archevêque de Douala, Mgr Samuel Kleda s’est exprimé en direct sur la radio et Télé Veritas, un groupe de médias appartenant à l’archevêché de Douala.

Lors d’une prise de parole de 15 minutes, il a critiqué la situation politique, sociale et économique du pays. Samuel Kleda a contesté les résultats officiels, sans citer pour autant l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui revendique sa victoire. Le leader religieux a affirmé que « de nombreux citoyens qui s’attendaient à un avenir meilleur ont eu la ferme conviction que leur choix n’a pas été respecté » lors de l’élection présidentielle. L’archevêque s’est également exprimé au sujet des manifestations post-électorales qui ont suivi la proclamation de la victoire de^Paul BIya  à la présidentielle.

Il y a eu de nombreuses arrestations et des assassinats

« Aujourd’hui, avec la déception et l’indignation qu’elle a ravivé dans la pensée et le cœur d’un grand nombre de nos compatriotes, a donné lieu à des marches. Malheureusement, elles ont connu de graves dérives à travers des actes de vandalisme, de pillage, poursuit-il. Il y a eu de nombreuses arrestations et des assassinats et cela se poursuit malheureusement. Le Cameroun ne devrait pas être une terre d’affrontement permanent entre le pouvoir et le peuple. »

Le leader religieux a également appelé les responsables du pays à réfléchir aux conséquences de la situation actuelle. « Face à cette attitude qui a indigné une majorité écrasante des Camerounais et la communauté internationale, tous les responsables de notre pays sont invités à réfléchir en profondeur sur les conséquences de la situation actuelle », a-t-il dit.

“Car la proclamation des résultats du 12 octobre 2025, avec la déception et l’indignation qu’elle a ravivé dans la pensée et le cœur d’un grand nombre de nos compatriotes, a donné lieu à des marches et manifestations à caractère pacifique. Malheureusement, elles ont connu de graves dérives à travers des actes de vandalisme, de pillage, de vols aux conséquences graves sur la vie matérielle et économique de beaucoup de personnes innocentes dans les villes comme Douala, Garoua, Maroua, Bertoua, Dschang, etc. Ce qui est déplorable et condamnable. En effet, d’une part, des édifices publics se Certains établissements commerciaux et de boutiques ont été saccagés, pillés, vidés et d’autres incendieés. Ces actes, regrettables et répréhensibles, ont plongé propriétaires dans le désarroi et la misère”, s’est-il indigné.

Les populations ont faim parce qu’elles n’ont pas de travail

Avant d’ajouter : “ D’autre part, des violences verbales et physiques, des intimidations ont été exercées sur les populations. Il y a eu de nombreuses arrestations et des assassinats, surtout parmi les jeunes, et cela se poursuit malheureusement. Tout en travaillant sur une autre manière de sauvegarder la sécurité des personnes et des biens, il est indispensable que ces violences, ces intimidations, ces arrestations et assassinats prennent fin. Le Cameroun ne devrait pas être une terre d’affrontement permanent entre le pouvoir et le peuple après chaque élection présidentielle.

Le prélat précise que : “La démocratie ne s’accommode pas des coups de canon, des menaces, des arrestations arbitraires et des intimidations de citoyens qui ont une pensée contraire. On n’organise pas une élection pour tuer les citoyens. On ne gouverne pas un peuple avec les armes. Aucun gouvernement au monde ne peut gouverner sans peuple. Il est le gouvernement et au service du peuple. Et il a pour devoir de l’aimer et de répondre à ses aspirations légitimes et profondes, comme le recommande l’apôtre Pierre. Soyez les pasteurs du troupeau de Dieu qui se trouvent chez vous. Veillez sur lui, non par contrainte, mais de plein gré, selon Dieu, non par cupidité, mais par dévouement, non pas en commandant un maître à ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles du troupeau.

Cet appel s’adresse à tout dirigeant. Il est temps que nous nous pensions sérieusement sur les origines profondes de ce malaise, de cette colère, de ce ras-le-bol qui pousse les Camerounais à avoir de tels agissements et de trouver des solutions appropriées. Nos compatriotes demandent à être écoutés, que leurs besoins et aspirations profondes soient pris en compte et considérés. Le Cameroun profond crie sa souffrance et sa misère. Les populations ont faim parce qu’elles n’ont pas de travail”

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