Industrialisation : la MAGZI prépare l’aménagement de plus de 9 000 hectares de nouvelles zones industrielles d’ici 2035

La Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (MAGZI) entend franchir une nouvelle étape dans le développement industriel du Cameroun. À travers un ambitieux programme présenté lors d’un atelier organisé avec l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), l’entreprise publique projette la création de plus de 9 000 hectares de nouvelles zones industrielles à l’horizon 2035. Une initiative qui vise à soutenir l’industrialisation du pays, attirer davantage d’investissements et renforcer la transformation locale des ressources nationales.

Face aux défis de la compétitivité économique et de la transformation structurelle de l’économie nationale, la MAGZI affiche des ambitions à la hauteur des enjeux. L’entreprise publique souhaite accroître considérablement son offre en foncier industriel afin de répondre aux besoins croissants des investisseurs et des industriels.

Cette stratégie s’inscrit dans la dynamique de modernisation de l’appareil productif national, alors que le Cameroun cherche à valoriser davantage ses matières premières, développer ses chaînes de valeur locales et tirer profit des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

L’objectif est de créer un environnement favorable à l’implantation d’entreprises industrielles capables de générer des emplois, de stimuler les exportations et de renforcer la compétitivité du tissu économique national.

Un acteur majeur du développement industriel

Depuis sa création en 1971, la MAGZI joue un rôle central dans l’aménagement et la gestion des espaces industriels du pays. Aujourd’hui, son réseau comprend onze zones industrielles réparties dans plusieurs régions du territoire national.

Ces espaces, qui couvrent près de 1 300 hectares aménagés, accueillent plus de 400 entreprises opérant dans divers secteurs d’activité. Ensemble, elles génèrent des milliers d’emplois et contribuent de manière significative à la production nationale ainsi qu’à la création de richesse.

Au fil des années, ces zones sont devenues de véritables pôles de développement économique, favorisant l’émergence d’activités industrielles et la concentration d’investissements productifs.

Plus de 9 000 hectares de nouveaux espaces industriels en perspective

Pour répondre à la demande croissante en infrastructures industrielles, la MAGZI prévoit l’aménagement de plusieurs nouveaux sites à travers le pays.

Les projets concernent notamment les localités de Yassa, Dibombari et Edéa dans la région du Littoral, Nomayos et Mbankomo dans le Centre, ainsi que Kribi, Ebolowa et Kyé-Ossi dans le Sud. D’autres zones sont également envisagées à Limbé dans le Sud-Ouest, à Minim-Martap dans l’Adamaoua, à Maroua dans l’Extrême-Nord et à Bafoussam dans l’Ouest.

Au total, ces projets représentent plus de 9 000 hectares supplémentaires destinés à accueillir des activités industrielles, logistiques et de transformation.

Kribi au cœur de la stratégie industrielle

Parmi les différents projets annoncés, Kribi occupe une place particulière. Avec une réserve foncière estimée à 5 000 hectares, la ville portuaire devrait devenir le principal pôle industriel de cette nouvelle génération de zones aménagées.

Ce choix s’explique par la position stratégique de Kribi, qui bénéficie déjà d’infrastructures majeures telles que le port en eau profonde, des axes logistiques modernes et plusieurs projets énergétiques structurants.

Les autorités misent sur cette plateforme pour attirer des industries de transformation, développer des activités exportatrices et renforcer l’intégration du Cameroun dans les chaînes de valeur régionales et internationales.

Au-delà de Kribi, la stratégie de la MAGZI vise à favoriser une meilleure répartition géographique de l’activité industrielle.

Les projets prévus à Limbé, Dibombari, Maroua, Mbankomo ou encore Minim-Martap traduisent une volonté de rapprocher les infrastructures industrielles des bassins de production et des ressources naturelles.

L’intégration de Minim-Martap dans cette nouvelle cartographie est particulièrement significative. Cette localité est appelée à jouer un rôle important dans le développement du secteur minier, notamment autour de l’exploitation de la bauxite. La création d’une zone industrielle pourrait favoriser l’installation d’activités de transformation et de services connexes, contribuant ainsi à la création de valeur ajoutée locale.

Le défi du financement reste entier

Si les ambitions affichées sont importantes, leur concrétisation dépendra largement de la capacité de la MAGZI à mobiliser les ressources nécessaires.

L’entreprise reconnaît que le financement demeure le principal obstacle à la mise en œuvre de ses projets. Malgré plusieurs décennies d’existence, les ressources mobilisées pour le développement des zones industrielles restent relativement limitées au regard des besoins actuels.

Pour relever ce défi, la MAGZI plaide en faveur de la création d’un mécanisme national dédié au financement des infrastructures industrielles. Une telle structure permettrait de mobiliser des ressources publiques, des investissements privés ainsi que l’appui des partenaires techniques et financiers. Le partenariat engagé avec l’ONUDI s’inscrit dans cette logique de modernisation et de renforcement des capacités.

Depuis 2023, l’organisation accompagne la MAGZI dans l’élaboration d’une stratégie visant à améliorer la gestion des zones existantes, identifier les besoins des entreprises et préparer l’aménagement des futurs sites industriels.

Les études réalisées auprès des entreprises installées dans différentes zones industrielles du pays doivent permettre de mieux comprendre les contraintes rencontrées sur le terrain et de définir les investissements prioritaires pour renforcer la compétitivité du secteur.

Au-delà de la simple mise à disposition de terrains, la MAGZI souhaite désormais développer une approche intégrée de l’aménagement industriel. L’enjeu consiste à créer des espaces modernes, connectés aux réseaux de transport, d’énergie et de télécommunications, tout en garantissant un cadre juridique sécurisé pour les investisseurs.

Cette vision ambitionne de faire des futures zones industrielles de véritables écosystèmes économiques capables d’attirer les capitaux, de favoriser l’innovation et de soutenir durablement la croissance.

Avec plus de 9 000 hectares projetés à travers le pays, la MAGZI entend ainsi contribuer à la transformation industrielle du Cameroun et accompagner l’émergence de nouveaux pôles de développement au cours de la prochaine décennie.

Laisser un commentaire