Coopération : le Cameroun et l’Union européenne mobilisent plus de 262 milliards de FCFA autour de Global Gateway

Le Cameroun et l’Union européenne veulent donner un nouvel élan à leur partenariat dans les secteurs stratégiques. Réunis le 18 septembre 2026 à Yaoundé dans le cadre du Comité interministériel Global Gateway et de la revue de la coopération technique Cameroun-UE-France, les différents acteurs ont dressé le bilan des interventions en cours et esquissé les contours du prochain cycle de coopération. À ce jour, les dons européens mobilisés au profit du Cameroun atteignent environ 400 millions d’euros, soit plus de 262 milliards de FCFA, principalement orientés vers l’énergie, les transports, le numérique, les infrastructures et le développement des chaînes de valeur.

La coopération entre le Cameroun et ses partenaires européens franchit une nouvelle étape. La réunion du Comité interministériel Global Gateway, organisée vendredi dernier à Yaoundé, a permis de faire le point sur les financements engagés et sur les projets susceptibles d’être accélérés au cours des prochaines années.

Co-présidée par le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, et l’ambassadrice de l’Union européenne au Cameroun, Veronika Bošković Pohar, la rencontre a notamment mis en lumière l’importance des ressources déjà mobilisées. Selon le bilan présenté à cette occasion, le Cameroun bénéficie actuellement d’environ 400 millions d’euros de dons de l’Union européenne, soit près de 262,4 milliards de FCFA.

Ces ressources ciblent plusieurs secteurs considérés comme déterminants pour la transformation de l’économie camerounaise : infrastructures, énergie, transports, numérique, développement urbain et structuration des chaînes de valeur. L’objectif affiché est de faire en sorte que ces financements produisent davantage d’effets sur l’activité économique et sur les projets structurants inscrits dans les priorités nationales.

L’exigence d’une accélération des projets

Au-delà du bilan financier, les discussions ont porté sur la capacité du Cameroun à transformer les financements disponibles en réalisations concrètes. Pour Alamine Ousmane Mey, l’enjeu consiste désormais à accélérer l’ensemble de la chaîne de mise en œuvre, depuis la maturation des projets jusqu’à leur exécution.

Le ministre a notamment appelé à renforcer les interventions dans le secteur énergétique, à améliorer la connectivité autour des grands projets, à poursuivre les investissements urbains et à renforcer les dispositifs liés à la gestion des déchets. La consolidation des chaînes de valeur et l’amélioration du climat des affaires figurent également parmi les priorités mises en avant.

Cette exigence de maturation des projets répond à un double impératif : optimiser l’utilisation des ressources disponibles et limiter les retards susceptibles de compromettre les résultats attendus. Dans un environnement international marqué par une forte compétition pour les capitaux et les ressources, Yaoundé souhaite ainsi améliorer la préparation et l’exécution des investissements structurants.

Expertise France au cœur de la coopération technique

Les échanges ont également permis de dresser le bilan de la coopération technique conduite avec l’appui d’Expertise France. La mission effectuée les 17 et 18 septembre au Cameroun par son directeur général, Jérémie Pellet, a constitué l’un des temps forts de cette séquence.

L’agence française accompagne depuis plusieurs années les autorités camerounaises dans différents domaines, notamment la gouvernance financière, la santé, le développement durable et les transitions urbaines. Son portefeuille comprend actuellement trois projets nationaux suivis depuis son bureau au Cameroun ainsi que quatre projets régionaux majeurs établis à Yaoundé.

Le volume d’affaires actuellement en cours est estimé à 10,4 millions d’euros, tandis que le volume régional indicatif atteint environ 53 millions d’euros.

Pour Jérémie Pellet, la tenue des discussions dans un format « Équipe Europe » permet de mieux articuler les différents instruments disponibles. Le responsable d’Expertise France a également souligné l’intérêt de Global Gateway pour attirer davantage de financements privés dans les secteurs prioritaires.

Vers une nouvelle programmation 2028-2034

La rencontre de Yaoundé intervient aussi à un moment charnière pour la coopération européenne. L’Union européenne prépare en effet sa prochaine programmation couvrant la période 2028-2034.

Veronika Bošković Pohar a ainsi plaidé pour une coopération davantage concentrée sur les résultats et capable de faire émerger, dès 2027, des projets présentant un impact significatif. L’ambassadrice européenne a insisté sur la nécessité de rapprocher les priorités du Cameroun, l’expertise technique française, les instruments financiers européens et les capacités d’investissement du secteur privé.

Cette approche dite « 360 » doit permettre de ne plus considérer les projets uniquement sous l’angle du financement. Leur environnement économique, institutionnel, technique et réglementaire doit également être pris en compte afin de favoriser leur réalisation et leur viabilité à long terme.

Global Gateway comme levier d’investissement

Lancée en 2021 par l’Union européenne, l’initiative Global Gateway repose sur une logique de mobilisation coordonnée des financements publics, des institutions financières, de l’assistance technique et des capitaux privés. Elle vise notamment à développer des infrastructures durables et à renforcer les connexions dans les domaines du numérique, de l’énergie et des transports.

Au Cameroun, cette stratégie s’est progressivement concentrée sur plusieurs secteurs considérés comme structurants pour la transformation économique. Les infrastructures de transport, l’accès à l’énergie, la connectivité numérique et le développement des chaînes de valeur figurent ainsi parmi les principaux axes de coopération.

La nouvelle séquence ouverte à Yaoundé devra donc permettre de mieux articuler ces différents leviers avec les objectifs de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Pour les partenaires camerounais et européens, l’enjeu sera désormais de transformer les engagements financiers et l’assistance technique en projets effectivement réalisés, tout en préparant les priorités du prochain cycle de coopération.

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