CEMAC : forte dégradation des avoirs extérieurs nets en 2025

La position extérieure de la CEMAC s’est fortement détériorée entre 2024 et 2025, avec un basculement des avoirs extérieurs nets dans le rouge. Une évolution qui met en lumière les tensions croissantes sur les équilibres financiers de la sous-région.

La situation des avoirs extérieurs nets (AEN) de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale s’est nettement dégradée en l’espace d’un an. Évalués à 121,9 milliards de FCFA en décembre 2024, ces avoirs ont chuté à -403,2 milliards de FCFA à la même période en 2025, soit une baisse spectaculaire de plus de 430 %. Cette évolution traduit un basculement vers une position extérieure nette négative, révélatrice d’un déséquilibre accru des flux financiers avec l’étranger.

Loin d’être brutale, cette dégradation s’est installée progressivement tout au long de l’année 2025. Les AEN affichaient encore un niveau positif au premier trimestre, à hauteur de 204 milliards de FCFA, avant de passer en territoire négatif dès le deuxième trimestre. La tendance s’est ensuite accentuée au fil des mois, avec un recul marqué au troisième trimestre, pour atteindre un niveau particulièrement préoccupant en fin d’année.

L’analyse des différentes composantes met en évidence le rôle déterminant de la banque centrale dans cette évolution. Ses avoirs extérieurs nets se sont significativement détériorés, aggravant la situation globale. Cette contre-performance s’explique notamment par des flux entrants insuffisants, des tensions persistantes sur la balance commerciale et une augmentation des paiements extérieurs, autant de facteurs ayant pesé sur les réserves en devises.

Les banques commerciales n’ont pas été épargnées par cette dynamique. Leurs avoirs extérieurs nets ont reculé de manière notable, confirmant un affaiblissement généralisé du système monétaire de la sous-région. Bien que moins prononcée que celle de la banque centrale, cette contraction participe à la dégradation d’ensemble.

Au final, cette évolution s’est traduite par une baisse des réserves de change et un recul du taux de couverture extérieure de la monnaie, désormais estimé à 67 %, contre près de 75 % un an auparavant. Une situation qui réduit les marges de sécurité de la CEMAC et souligne la nécessité de mesures correctives pour restaurer les équilibres extérieurs.

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