
Le projet de zone économique spéciale dédiée au bois à Bertoua connaît un nouveau souffle. Soutenu par un financement de la Banque mondiale, il s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation de la filière forestière en Afrique centrale.
Le gouvernement camerounais franchit une nouvelle étape dans sa politique d’industrialisation avec la relance du projet de zone économique spéciale (ZES) bois à Bertoua, dans la région de l’Est. Le 14 avril 2026, à Yaoundé, les autorités ont annoncé l’obtention d’un financement de plus de 11 milliards de FCFA accordé par la Banque mondiale pour amorcer l’aménagement de cette infrastructure.
Cette annonce a été faite à l’issue d’une rencontre entre le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, et une délégation de l’institution financière internationale. Ce financement s’inscrit dans le cadre d’un programme régional dédié à l’économie forestière dans le bassin du Congo, visant à mieux structurer et valoriser les ressources naturelles.
Au-delà du cas camerounais, la Banque mondiale prévoit de mobiliser plusieurs centaines de milliards de FCFA pour accompagner cette dynamique dans différents pays de la sous-région. L’objectif est de favoriser une transformation locale accrue du bois, en passant d’une exportation majoritairement brute à une production à plus forte valeur ajoutée.
La future ZES de Bertoua ambitionne ainsi de devenir un pôle industriel de référence, capable d’accueillir des unités spécialisées dans la transformation avancée du bois. Il s’agira notamment de développer des activités telles que la fabrication de contreplaqués, de meubles ou encore de bois d’ingénierie. Aujourd’hui encore, une grande partie de la production nationale est exportée sans transformation, ce que les autorités souhaitent progressivement corriger.
En parallèle, le gouvernement entend structurer davantage le tissu industriel à l’échelle nationale. Des projets de chaînes de valeur sont déjà en cours dans plusieurs secteurs, allant des ressources minières aux matériaux de construction. Une initiative de cartographie industrielle est également envisagée pour mieux répartir les zones industrielles sur l’ensemble du territoire.
Le choix de Bertoua ne doit rien au hasard. La ville bénéficie d’atouts logistiques et énergétiques importants, notamment sa proximité avec des infrastructures ferroviaires, des barrages hydroélectriques et de grands axes de transport sous-régionaux. Autant d’éléments qui renforcent son potentiel comme futur hub industriel.
Avec cet appui financier, les autorités camerounaises espèrent accélérer la mise en œuvre de ce projet, créateur d’emplois et porteur de croissance, tout en consolidant la transformation structurelle de l’économie nationale.