
Grand favori à ce poste, le Camerounais qui officiait comme vice-président Exécutif de la Gouvernance, des Services juridiques et ministériels de la banque, a finalement été élu ce samedi 28 juin à Abuja au poste de président pour un mandat de 5 ans.
Il n’y a vraiment pas eu de suspens. Le Camerounais George Elombi (58 ans) est le nouveau Président de la Banque Africaine d’import-export (Afreximbank). Il a été élu pour un mandat de 5 ans au terme des 32èmes Assemblées Annuelles le 28 juin 2025 à Abuja, au Nigeria. Il remplace à ce poste, Bénedict Oramah, qui y aura passé près d’une décennie.
Dr George Elombi connaît intimement les rouages de la banque qu’il s’apprête à diriger. De son parcours académique, l’on sait qu’il est titulaire d’une maîtrise en droit et d’un doctorat en droit (arbitrage commercial international) de l’Université de Londres. Il a été chargé de cours à plein temps à l’Université de Hull (Royaume-Uni) avant de rejoindre la Banque africaine d’exportation et d’importation en tant que juriste en octobre 1996. Il a été nommé au poste de directeur adjoint des services juridiques en 2008, et au poste de secrétaire exécutif et de chef des services juridiques en janvier 2009. En avril 2015, il a été nommé vice-président exécutif (gouvernance et services juridiques), tout en restant secrétaire exécutif.
Il a été l’un des architectes du développement institutionnel du groupe, notamment à travers la structuration de ses filiales. Il a également dirigé les interventions d’urgence de la banque pendant la pandémie de Covid-19, mobilisant plus de 2 milliards de dollars pour l’acquisition de vaccins en Afrique et dans les Caraïbes. À la tête du département chargé de la mobilisation des fonds propres, il a supervisé des levées de capitaux totalisant 3,6 milliards USD à avril 2025, renforçant la capacité d’intervention de la banque sur tout le continent.
Dans sa première déclaration publique après sa nomination, George Elombi a présenté cette décision des actionnaires comme une validation du travail accompli au fil des années. « Ils se disent satisfaits de la solidité financière de l’institution et de la pertinence de ses projets. Ils souhaitent que nous poursuivions sur cette trajectoire. Ils ont également réaffirmé leur attachement aux engagements pris à la création de la banque. Les nombreux témoignages d’approbation exprimés tout au long de la semaine montrent que ces messages ont été pleinement partagés », a-t-il déclaré.
A en croire investirauCameroun, cette nomination marque un positionnement majeur pour le Cameroun sur la scène financière africaine. Afreximbank est en effet un acteur clé du financement du commerce intra-africain, en soutien aux politiques d’industrialisation, de diversification des économies et de souveraineté économique du continent. Que le pilotage de cette institution soit désormais assuré par un ressortissant camerounais place le pays dans une sphère d’influence stratégique.
La montée du protectionnisme
Le Cameroun est doublement lié à Afreximbank. En tant qu’État, il est actionnaire direct de la banque. Mais il y est également représenté à travers la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), actionnaire de catégorie B avec un investissement de 700 millions FCFA. Ce statut donne un siège à la CNPS au conseil d’administration de l’institution, aux côtés d’autres investisseurs financiers africains. Afreximbank a d’ailleurs choisi Yaoundé pour abriter son bureau régional pour l’Afrique centrale, installé dans les locaux de la CNPS.
Avec 15 000 milliards de FCFA, La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) est la principale institution financière multilatérale panafricaine dédiée au financement et à la promotion du commerce intra et extra-africain. Elle a été créée en octobre 1993 par des gouvernements africains, des investisseurs privés et institutionnels africains et des investisseurs non africains.
Afreximbank évolue dans un environnement mondial marqué par la montée du protectionnisme, le retrait progressif des soutiens extérieurs et surtout un déficit chronique de financement du commerce estimé à 100 milliards USD par an. Dans ce contexte, la banque ambitionne de doubler ses financements à l’Afrique pour atteindre 40 milliards USD d’ici 2026, contre 17,6 milliards USD en 2024. Ce sera l’un des plus grands défis de Georges Elombi; celui d’élargir l’impact d’Afreximbank, sans compromettre son modèle prudent de gestion des risques.