
Face aux tensions qui perturbent depuis plusieurs jours l’approvisionnement en gaz domestique à Yaoundé et Douala, la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) a renforcé son dispositif opérationnel. En visite ce 30 septembre au centre emplisseur de Nsam, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a pu constater la mobilisation des équipes et les capacités de l’installation, désormais engagée sur un objectif de 200 tonnes métriques de GPL par jour, soit environ 16 000 bouteilles.
À Nsam, la SCDP passe en régime renforcé. La tension sur le marché du gaz domestique place les infrastructures de stockage et d’emplissage au cœur de la réponse gouvernementale. C’est dans ce contexte que le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, s’est rendu ce mercredi 30 septembre au dépôt SCDP de Nsam, à Yaoundé. L’objectif de cette visite était double : évaluer les capacités d’emplissage effectivement disponibles et vérifier les conditions de sécurité dans lesquelles les opérations sont conduites.
À son arrivée, le ministre a tenu une séance de travail avec les responsables de la SCDP et de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), avant de se rendre directement dans la zone dédiée à l’emplissage du gaz de pétrole liquéfié (GPL). Sur le site, l’activité témoigne d’un fonctionnement soutenu des installations. Les camions se succèdent, les bouteilles sont manipulées sur les chaînes d’emplissage et le carrousel fonctionne à un rythme élevé pour alimenter le circuit de distribution.
La SCDP augmente ses cadences pour alimenter le marché
La SCDP constitue actuellement l’un des principaux maillons de la chaîne permettant de remettre le gaz domestique à la disposition des distributeurs et, in fine, des ménages. Pour répondre à la situation de tension, l’entreprise a adapté son organisation conformément aux orientations contenues dans la note circulaire ministérielle du 23 septembre 2026. Les horaires d’exploitation ont notamment été étendus afin d’augmenter les volumes traités.
Le dépôt peut désormais ouvrir dès les premières heures de la journée et poursuivre ses opérations jusqu’à environ 23 heures en semaine, avec des adaptations le dimanche en fonction du niveau de la demande. Cette mobilisation doit permettre à la SCDP d’atteindre progressivement une capacité d’emplissage de 200 tonnes métriques par jour à Nsam, correspondant à environ 16 000 bouteilles de gaz.
Pour la direction générale de la SCDP, l’enjeu est de maintenir cette cadence afin de fluidifier l’approvisionnement du marché. « Le produit est disponible », a expliqué la directrice générale Véronique Manzoua épouse Moampea Mbio, en soulignant les efforts déployés pour augmenter les volumes disponibles.
Un gain de 60 tonnes par jour
Pour le gouvernement, l’augmentation de la capacité d’emplissage constitue un levier immédiat pour réduire la pression sur le marché. Le niveau visé à Nsam représente en effet une progression de 60 tonnes métriques par jour par rapport au niveau précédemment observé. Cette capacité supplémentaire doit contribuer à augmenter les quantités de GPL effectivement mises à la disposition des opérateurs de distribution.
Lors de la visite, Gaston Eloundou Essomba a salué les dispositions prises par la SCDP, estimant que le fonctionnement satisfaisant du carrousel d’emplissage et la mobilisation des équipes contribuent à résorber progressivement les difficultés. Le transfert de certaines bascules de Bafoussam vers Yaoundé participe également à cette réorganisation des moyens disponibles.
La situation actuelle ne résulte pas d’un seul facteur. Selon les explications fournies au ministre, les perturbations ont notamment été accentuées par la cessation d’activité d’un marketeur confronté à des difficultés financières, ainsi que par le renouvellement soudain du parc de bouteilles de certains opérateurs.Ces événements ont désorganisé une partie du circuit de distribution et créé des tensions particulièrement perceptibles à Yaoundé et Douala. Les autres villes du pays ne connaissent pas, selon la SCDP, le même niveau de pression sur l’approvisionnement.
Dans ce contexte, le rôle de la société publique dépasse donc la seule fonction de stockage. À travers ses capacités de réception, de stockage et d’emplissage, la SCDP constitue un maillon stratégique permettant d’amortir les perturbations du marché et de soutenir la continuité de l’approvisionnement.

La sécurité, autre priorité de la visite ministérielle
L’augmentation des cadences ne doit toutefois pas se faire au détriment de la sécurité. Le GPL étant un produit hautement inflammable, l’accélération des opérations impose un strict respect des procédures de prévention et d’intervention. Gaston Eloundou Essomba a ainsi profité de son déplacement pour évaluer la capacité des équipes à réagir face à un éventuel incident.
Un exercice de simulation d’incendie en milieu gaz a été organisé sur le site. L’opération devait permettre de tester la réactivité du personnel, la coordination des équipes et l’efficacité du dispositif de sécurité déployé autour des installations. Le test s’est déroulé de manière jugée satisfaisante par le ministre, qui a pu constater directement le niveau de préparation des équipes.
La SCDP au cœur de la stabilisation du marché
À travers le cas de Nsam, la crise actuelle met en évidence le rôle stratégique de la SCDP dans la chaîne d’approvisionnement en produits pétroliers et, particulièrement, dans la distribution du GPL domestique. L’entreprise est appelée à jouer un rôle d’amortisseur lorsque les difficultés rencontrées par certains acteurs privés perturbent le fonctionnement normal du marché. L’augmentation des horaires de travail, la mobilisation des équipements disponibles et la recherche d’une capacité d’emplissage de 200 tonnes par jour traduisent cette volonté de répondre rapidement à la demande.
Reste désormais à maintenir les cadences annoncées dans la durée et à assurer une circulation régulière du produit entre les centres d’emplissage, les distributeurs et les ménages. Pour le gouvernement, la priorité est claire : rétablir durablement la fluidité de l’approvisionnement sans compromettre la sécurité des opérations. À Nsam, la SCDP se retrouve ainsi au premier plan de cette bataille logistique.