
La ministre camerounaise de l’Enseignement secondaire condamne l’inscription frauduleuse d’élèves réguliers en candidats libres car cela détourne le système éducatif, fausse les statistiques, compromet l’intégrité des examens et crée une inégalité avec les vrais candidats libres, souvent vulnérables, en donnant un avantage injuste, une pratique souvent liée à des réseaux de fraude organisée impliquant parfois des enseignants.
La course effrénée vers un succès à 100% aux examens officiels pousse certains dirigeants à consigner les élèves “moyens” comme candidats libres, alors qu’ils sont régulièrement inscrits dans leurs établissements scolaires. Nalova Lyonga, la ministre des Enseignements secondaires est décidé à mener une bataille contre ces pratiques. Les raisons principales de cette condamnation sont :
- Lutte contre la fraude : Il s’agit d’une manœuvre frauduleuse impliquant parfois le « rançonnement de candidats » et la substitution de copies.
- Assainissement des examens : La décision vise à stopper la complicité active ou passive de certains enseignants et personnels éducatifs.
- Sanctions exemplaires : Les enseignants impliqués écopent de « retraits de confiance » pour les sessions 2026, 2027 et 2028, les excluant de l’organisation des examens de l’OBC.
- Équité : L’objectif est de s’assurer que seuls les élèves ayant suivi le cursus régulier passent les épreuves correspondantes, évitant ainsi de fausser les résultats.
Dans une instruction ferme adressée le 05 février 2026 aux délégués régionaux et départementaux, aux secrétaires à l’éducation ainsi qu’aux chefs d’établissements, la patronne du MINESEC dénonce une manœuvre visant à préserver artificiellement les taux de réussite des établissements scolaires.
Selon la ministre, certains responsables d’établissements, après avoir perçu les frais de scolarité, choisissent de présenter des élèves jugés « faibles » comme candidats libres aux examens officiels, sous le prétexte qu’ils risqueraient l’échec. Une stratégie qui permettrait d’éviter une baisse du taux de réussite de leurs écoles.
Pour le MINESEC, cette pratique constitue une « démarche déloyale » destinée à masquer l’incapacité de certains établissements à préparer convenablement l’ensemble de leurs élèves aux examens officiels. Elle porte également atteinte à l’équité du système éducatif et aux droits des apprenants concernés.
Face à cette situation, la ministre instruit les responsables éducatifs de recourir aux ressources pédagogiques disponibles sur la plateforme MINESEC Distance Learning, en vue de renforcer l’encadrement académique. Elle exige également l’organisation systématique de cours de rattrapage et de remise à niveau au profit des élèves en difficulté.
Le ton du communiqué est sans équivoque : la persistance de telles pratiques entraînera des sanctions prévues par la réglementation en vigueur. Les délégués régionaux, les délégués départementaux et les secrétaires à l’éducation sont chargés d’assurer l’application stricte de cette instruction, à laquelle le ministre dit attacher « la plus haute importance ».
Cette sortie du MINESEC intervient dans un contexte marqué par des préoccupations croissantes relatives à la qualité de l’enseignement et à la crédibilité des résultats aux examens officiels, des enjeux majeurs pour l’avenir du système éducatif camerounais.
En rappel, lors de la dernière session du baccalauréat, une série de décisions signées le 25 novembre 2025 et consultées par camerouninfos.com, la ministre des Enseignements secondaires, Nalova Lyonga, a sanctionné, pour diverses raisons, 208 candidats et 47 enseignants reconnus coupables d’irrégularités lors des examens relevant de l’Office du baccalauréat du Cameroun (OBC), soit 255 personnes au total.
Du côté des enseignants, les 47 personnes sanctionnées écopent d’une mesure uniforme qualifiée d’exceptionnelle : le retrait de confiance pour les sessions 2026, 2027 et 2028. Concrètement, elles sont exclues de toute participation à l’organisation, la surveillance, la correction ou la gestion administrative des examens organisés par l’OBC sur ces trois années. Si ces décisions relèvent d’abord de l’administratif, elles actent aussi une responsabilisation plus large de la chaîne d’organisation.