Cameroun : Georges-Gilbert Baongla convoqué par la gendarmerie sur fond de polémique autour de la filiation présidentielle


Figure controversée de la scène publique camerounaise, Georges-Gilbert Baongla est attendu ce 28 avril à Yaoundé par les services de la gendarmerie. En cause : des accusations de cybercriminalité et de diffamation, dans un contexte de déclarations médiatiques particulièrement sensibles visant la famille du chef de l’État.
Un nouvel épisode vient relancer la controverse autour de Georges-Gilbert Baongla. Cet homme de 62 ans, qui se présente depuis plusieurs années comme le fils aîné du président Paul Biya, a été officiellement convoqué par le Service central des recherches judiciaires de la gendarmerie nationale. Il est attendu à Yaoundé ce mardi 28 avril à 10 heures pour être entendu dans le cadre d’une procédure portant sur des faits présumés de cybercriminalité, de diffamation et d’usurpation de titre.

La convocation, datée du 23 avril et signée par le lieutenant-colonel Bialo Dieudonné, s’appuie sur plusieurs dispositions du Code de procédure pénale. Le document, qui a largement circulé ces derniers jours, précise que l’intéressé devra se présenter muni de ses pièces d’identité. Il rappelle également le caractère contraignant de cette démarche, évoquant la possibilité de recours à des mesures coercitives en cas d’absence.

À l’origine de cette procédure, une plainte dont l’auteur n’a pas été officiellement identifié. Si certaines sources évoquent une possible initiative du ministère public, d’autres laissent entendre qu’elle pourrait être liée à Franck Biya, sans confirmation à ce stade. Du côté du palais présidentiel d’Etoudi, plusieurs proches assurent toutefois qu’aucun membre de la famille du chef de l’État n’est directement à l’origine de la démarche, affirmant prendre les déclarations de Baongla avec distance.

Ces derniers jours, l’intéressé a en effet multiplié les prises de parole médiatiques et les publications sur les réseaux sociaux, remettant ouvertement en cause la filiation de Franck Biya. Lors d’interventions télévisées, il a notamment soutenu que le président n’aurait que trois enfants légitimes, dont lui-même, et que Franck Biya serait un enfant adopté. Des propos largement relayés en ligne, suscitant de vives réactions.

Georges-Gilbert Baongla, ancien patron de presse et aujourd’hui à la tête du Parti républicain, ne s’est pas limité à ces déclarations. Se fondant sur la filiation qu’il revendique avec le chef de l’État, il a également avancé être légitime pour occuper des fonctions institutionnelles de premier plan, notamment celle de vice-président de la République, récemment introduite dans l’architecture institutionnelle camerounaise.

Jusqu’ici, ces affirmations n’avaient pas donné lieu à une réponse publique formelle. La convocation devant les services d’enquête marque donc un tournant, suggérant une volonté de traiter l’affaire sur le terrain judiciaire plutôt que médiatique. Reste à savoir quelles suites seront données à cette audition, dans un dossier aussi sensible que suivi de près par l’opinion.

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