
Réunis à Yaoundé, samedi 13 septembre, plusieurs partis politiques et personnalités de l’opposition ont voté en faveur de la candidature de l’ancien ministre camerounais Issa Tchiroma Bakary. Mais Maurice Kamto et d’autres figures contestent cette démarche et les rivalités personnelles et les divergences stratégiques hypothèquent encore et toujours l’espoir d’une candidature consensuelle.
Un mois avant le scrutin présidentiel, l’opposition camerounaise s’organise pour contrer Paul Biya au pouvoir depuis 1982. À l’issue d’une assemblée générale d’une coalition dénommée l’Union pour le changement en 2025, l’ancien ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, a été désigné candidat consensuel pour faire face au président. Cette plateforme d’opposants a été créé juste après les investitures des candidats à la présidentielle. Âgé de 76 ans, Issa Tchiroma Bakary, a dit accepter cette mission « avec humilité, gravité, mais aussi avec une détermination sans faille ».
Sauf que la scène politique camerounaise est en ébullition depuis la désignation ce 13 septembre d’Issa Tchiroma Bakary comme « candidat consensuel » d’une partie de l’opposition pour l’élection présidentielle du 12 octobre. Le débat s’articule entre autres sur la légitimité de l’Union pour le changement, le mouvement conduit par Anicet Ekane et Djeukam Chameni, à l’origine de cette désignation et le niveau d’adhésion des autres candidats de l’opposition à cette démarche.
Qui réussira à rallier le plus grand nombre de partis pour incarner une candidature consensuelle de l’opposition à la présidentielle du 12 octobre au Cameroun ? Après l’échec du groupe dit de Foumban à dégager un « candidat unique », l’attention se concentre désormais sur les efforts de deux grands pôles, chacun lié à Maurice Kamto, opposant central dont la candidature a été invalidée par le Conseil constitutionnel.
Sur la télévision privée Vision4, où le sujet était en débat ce 14 septembre, Célestin Bedzigui, a estimé qu’il ne s’est rien passé la veille. Pour ce paneliste et président d’un parti politique ayant investi un candidat à cette élection, la désignation d’Issa Tchiroma Bakary comme candidat consensuel est un non-événement.
Un avis partagé par Akere Muna, qui, contacté par RFI, dit ne pas se sentir concerné par cette annonce. L’avocat, candidat à la présidentielle, interroge aussi la légitimité des initiateurs de la démarche. « Qui a donné ce mandat à Anicet Ekane et Djeukam Chameni ? » s’est pour sa part demandé Hilaire Nzipang, lui-même candidat recalé à l’élection du 12 octobre. Tous reprochent à Anicet Ekane et Djeukam Chameni de s’être auto-saisis d’une problématique qui concerne d’abord et en premier lieu les candidats eux-mêmes.
De leur côté, Anicet Ekane et Djeukam Chameni répondent que leur démarche ne consistait pas nécessairement à trouver un candidat unique de l’opposition, mais de créer une dynamique populaire autour du candidat. Une figure qui accepte de mettre en application leur programme de transition et de refondation. Et selon ces derniers, seul Issa Tchiroma Bakary s’est engagé à le mettre en œuvre s’il est élu.
À un peu moins d’un mois de la présidentielle, les facilitateurs critiqués de l’Union pour le changement assurent continuer les discussions avec les autres candidats. Mais pour l’heure, il y a toujours 12 candidats en lice pour cette présidentielle du 12 octobre. Le candidat du pouvoir, d’une part, et 11 du côté de l’opposition.