
Trois ans après son opérationnalisation, la Caisse des dépôts et consignations du Cameroun (CDEC) poursuit sa montée en puissance. Avec plus de 151 milliards de FCFA de ressources centralisées à fin juin 2026, l’institution renforce sa position dans le système financier national en sécurisant les fonds qui lui sont confiés, tout en développant une stratégie d’investissement au service du financement de l’économie.
La Caisse des dépôts et consignations du Cameroun (CDEC) continue de consolider sa place parmi les principaux acteurs de la gestion des ressources publiques et réglementées. Depuis le début de ses activités opérationnelles en 2023, l’établissement affiche une progression constante de ses performances, illustrée par un volume de fonds centralisés dépassant les 151 milliards de FCFA à la fin du mois de juin 2026.
Ces résultats, dévoilés par le directeur général de l’institution, Richard Evina Obam, traduisent la montée en régime d’un établissement créé pour recevoir, conserver et administrer des fonds publics ou privés soumis à des régimes particuliers. Il s’agit notamment des consignations judiciaires et administratives, des cautionnements, des séquestres ainsi que des avoirs en déshérence.
Depuis son lancement, la CDEC a enregistré plus de 22 000 opérations, dont plus de 17 000 concernent des consignations. Cette activité a permis de garantir la sécurisation des ressources tout en assurant leur restitution aux bénéficiaires légitimes. À ce titre, plus de 20 milliards de FCFA ont déjà été reversés aux ayants droit, conformément aux missions confiées à l’établissement.
Au-delà de cette fonction de conservation, la CDEC développe progressivement son rôle d’investisseur institutionnel. Une partie des ressources centralisées fait l’objet de placements financiers prudents afin de générer des revenus sans compromettre leur disponibilité. À ce jour, le portefeuille d’investissements de l’institution dépasse 56 milliards de FCFA.
Selon les responsables de la caisse, une large part de ces placements est orientée vers les titres publics, notamment les bons du Trésor et les obligations d’État, considérés comme des supports d’investissement à faible risque. Cette stratégie permet à la fois de préserver les fonds confiés à l’institution et de contribuer au financement des besoins de l’État à travers le marché financier.
Pour la direction générale, cette évolution confirme la vocation de la CDEC à devenir un acteur majeur du financement à long terme. En mobilisant des ressources stables et en les orientant vers des investissements sécurisés, l’institution entend participer au développement économique tout en renforçant la confiance des déposants.
Cette ambition se reflète également dans le projet DIASDEV, dont les conclusions ont été présentées en juillet 2026. Cette initiative vise à mettre en place un mécanisme d’épargne réglementée destiné aussi bien aux Camerounais de la diaspora qu’aux résidents. L’objectif est de mieux canaliser une partie des importants transferts financiers effectués chaque année par les expatriés afin de soutenir les investissements productifs au Cameroun.
Les transferts de fonds de la diaspora représentent en effet une source importante de financement pour l’économie nationale. En proposant un cadre sécurisé de placement, la CDEC souhaite transformer une partie de cette épargne en ressources de long terme susceptibles d’accompagner les projets de développement.
Pour Richard Evina Obam, cette stratégie dépasse la simple création d’un nouveau produit financier. Elle participe à la diversification des activités de la CDEC et au renforcement de son statut d’investisseur institutionnel capable d’accompagner durablement les politiques publiques et le financement de l’économie.
Avec plus de 151 milliards de FCFA de ressources sous gestion, des investissements en constante progression et une diversification de ses missions, la Caisse des dépôts et consignations confirme ainsi son ambition de devenir un pilier du système financier camerounais. Son évolution témoigne de la volonté des autorités de disposer d’un instrument public capable de sécuriser les fonds réglementés tout en contribuant à la mobilisation de capitaux au service du développement national.