
Avec un investissement de 2,5 milliards de FCFA, Sosucam renforce son dispositif industriel en mettant en service une unité de production de sucre en morceaux à Nkoteng. Une initiative qui intervient dans un marché local sous pression et en pleine recomposition.
Le secteur sucrier camerounais poursuit sa mutation. La Sosucam vient de franchir une nouvelle étape dans sa stratégie industrielle avec la mise en service d’une unité moderne de production de sucre en morceaux sur son site de Nkoteng. D’un coût de 2,5 milliards de FCFA, ce projet, entièrement financé sur fonds propres, a nécessité plus de deux années de travaux.
Dotée d’une capacité de production estimée à 100 tonnes par jour, cette nouvelle installation vise à renforcer la présence de l’entreprise sur le segment du sucre transformé, de plus en plus sollicité par les ménages et les industries agroalimentaires. Elle remplace l’ancienne unité basée à Mbandjock, devenue obsolète face aux exigences techniques actuelles.
Au-delà de l’augmentation des capacités, cet investissement traduit une volonté de modernisation des procédés industriels et d’amélioration de la qualité des produits. Dans un environnement concurrentiel en évolution, l’entreprise cherche ainsi à consolider sa position sur le marché national, tout en répondant plus efficacement aux attentes des consommateurs.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation de la filière sucrière au Cameroun. D’autres acteurs, à l’image de Wega Food, basée à Douala, ambitionnent également d’accroître leurs capacités de production. L’industriel prévoit notamment d’atteindre 700 tonnes par jour grâce à un projet d’extension en cours.
Cette montée en puissance des opérateurs intervient dans un contexte international jugé défavorable par les producteurs locaux. Des pays comme le Brésil ou l’Inde, grâce à leurs politiques de subventions, influencent les prix mondiaux du sucre, créant une pression sur les marchés nationaux. Une situation qui alimente au Cameroun le débat sur l’ouverture aux importations, certains acteurs plaidant pour une régulation protectrice afin de préserver la production locale.
Sur le plan interne, le marché reste marqué par un déséquilibre structurel. Selon les données de Institut national de la statistique, les exportations de sucre ont fortement augmenté en 2025, atteignant plus de 8 000 tonnes, contre un peu plus de 500 tonnes l’année précédente. Pourtant, la production nationale — oscillant entre 120 000 et 160 000 tonnes — demeure insuffisante pour couvrir une demande estimée à près de 300 000 tonnes.
Ce déficit chronique contraint régulièrement les autorités à recourir aux importations pour stabiliser le marché et éviter les pénuries. Dans ce contexte, les investissements industriels comme celui de Sosucam apparaissent essentiels pour renforcer l’offre locale, améliorer la compétitivité du secteur et réduire la dépendance extérieure.
À terme, la modernisation de l’appareil productif pourrait contribuer à une meilleure structuration de la filière, à condition qu’elle s’accompagne de politiques publiques cohérentes et d’un environnement économique favorable.