African Energy Week 2026 : la SNH mise sur le gaz et de nouveaux blocs pétroliers pour attirer les investisseurs au Cameroun

Présente à l’African Energy Week (AEW) 2026, organisée du 12 au 16 octobre au Cap, en Afrique du Sud, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) entend renforcer l’attractivité du domaine pétrolier et gazier camerounais. À travers la promotion de six blocs libres, la valorisation de nouvelles découvertes et la présentation de l’initiative RG2D-NUBIATECH, l’entreprise publique veut attirer de nouveaux partenaires et accélérer la transformation des ressources nationales en leviers de développement industriel et énergétique.

La SNH ouvre une nouvelle séquence de promotion du potentiel camerounais

Le Cameroun veut attirer davantage de capitaux et d’expertise dans son secteur des hydrocarbures. C’est le message porté par la délégation de la Société nationale des hydrocarbures à l’African Energy Week 2026, rendez-vous continental qui rassemble au Cap des acteurs publics, des compagnies pétrolières, des investisseurs et des spécialistes de l’énergie.

Conduite par Nathalie Moudiki, conseillère n° 2 de la SNH, la délégation camerounaise comprend également le haut-commissaire du Cameroun en Afrique du Sud, Solomon Azoh Mbi. La participation du groupe s’inscrit dans une démarche de promotion de l’amont pétrolier et gazier national, avec l’ambition de présenter aux investisseurs les possibilités d’exploration et de développement encore disponibles dans le pays.

Prenant la parole à l’ouverture de la session consacrée à l’exploration et à la production pétrolières, Nathalie Moudiki a invité les opérateurs internationaux à s’intéresser aux perspectives offertes par le Cameroun. Au nom de l’administrateur-directeur général de la SNH, Adolphe Moudiki, elle a mis en avant les opportunités d’investissement, les résultats obtenus avec les partenaires existants et les nouvelles orientations du secteur.

Le message défendu par la délégation repose sur une ambition : faire des ressources pétrolières et gazières un moteur de croissance, tout en développant des solutions capables de répondre aux besoins énergétiques des ménages et des entreprises.

Six blocs proposés aux investisseurs pour la période 2026-2027

L’un des principaux arguments présentés au Cap concerne le lancement de l’Appel d’offres international Cameroun 2026-2027. Déclenchée le 12 octobre, cette opération porte sur six blocs libres répartis dans trois bassins sédimentaires. Elle vise à attirer de nouveaux opérateurs capables d’apporter les financements, les technologies et les compétences nécessaires à la poursuite des activités d’exploration.

Dans le bassin du Rio del Rey, situé à la bordure orientale du delta du Niger, le bloc Ndian River figure parmi les périmètres proposés. Le bassin de Douala-Kribi-Campo comprend, pour sa part, deux blocs : Bomono et Kombe-Nsepe. Le premier présente un intérêt particulier avec 29 puits et des découvertes d’huile et de gaz à condensats, selon les informations communiquées par la SNH. Le second bénéficie de sa proximité avec le champ producteur de Mvia, un élément susceptible d’intéresser les opérateurs dans l’évaluation de son potentiel.

L’appel d’offres s’étend également au bassin du Logone Birni, dans la région de l’Extrême-Nord, où le Cameroun entend ouvrir une nouvelle perspective d’exploration. Deux blocs y sont proposés : Zina et Makary. À Zina, les forages réalisés auraient mis en évidence des réservoirs jugés favorables, avec trois prospects classés au rang I. Makary, présenté comme le plus vaste des six périmètres mis sur le marché, demeure quant à lui inexploré par forage. Avec cette répartition géographique, la SNH cherche à diversifier les zones d’intérêt et à élargir les possibilités offertes aux investisseurs, au-delà des secteurs traditionnellement associés à la production pétrolière camerounaise.

De nouvelles découvertes pour consolider l’attractivité du secteur

Pour convaincre les compagnies internationales, la SNH met également en avant les résultats obtenus au cours des travaux menés avec ses partenaires. Les opérations réalisées par Perenco et la SNH sur les structures de Kita et de Bokwango auraient permis d’identifier plus de 30 millions de barils de pétrole ainsi que plus de 40 milliards de pieds cubes de gaz. Sur le permis de Bomana, le forage du prospect Lungahe aurait, de son côté, révélé environ 55 milliards de pieds cubes de gaz en place.

Ces résultats sont présentés par la délégation comme des indicateurs du potentiel encore disponible dans le sous-sol camerounais. Ils viennent soutenir la stratégie de promotion engagée auprès des investisseurs, même si les volumes annoncés doivent être distingués des réserves commercialement récupérables et des ressources effectivement destinées à la production.

Le développement des ressources gazières transfrontalières de Yoyo-Yolanda, mené en coopération avec la Guinée équatoriale, constitue un autre axe de cette stratégie. Ce projet illustre l’intérêt d’une coopération régionale pour valoriser des ressources qui dépassent les frontières nationales et nécessitent une coordination entre plusieurs acteurs.

La SNH entend ainsi s’appuyer sur les résultats de l’exploration et sur les partenariats existants pour attirer de nouveaux opérateurs. Au cours de l’année écoulée, une campagne de promotion portant sur cinq blocs avait déjà conduit à la sélection de Murphy West Africa et d’Octavia Energy Corporation, selon les informations présentées par la délégation camerounaise.

Ces deux entreprises viennent renforcer le portefeuille de partenaires de la SNH et illustrent la volonté de l’entreprise publique de multiplier les collaborations pour financer et développer les projets pétroliers et gaziers.

RG2D-NUBIATECH : faire du gaz un levier de transformation industrielle

Au-delà de l’exploration et de la production d’hydrocarbures, la SNH souhaite donner une place plus importante à la valorisation du gaz naturel dans la stratégie énergétique et industrielle du Cameroun. C’est dans cette perspective qu’elle promeut l’initiative RG2D-NUBIATECH, présentée sous l’appellation « Refinery Gas to Data ». Le projet vise à mobiliser progressivement le gaz camerounais, en complément des énergies renouvelables, pour répondre aux besoins énergétiques des centres de données, des parcs industriels et de nouvelles zones économiques, notamment le long du littoral.

L’enjeu est de dépasser la seule extraction des hydrocarbures pour favoriser leur transformation en activités économiques à plus forte valeur ajoutée. L’approvisionnement énergétique des infrastructures numériques, dont les besoins peuvent être importants, constitue notamment l’un des débouchés envisagés.

La SNH estime disposer d’une base gazière suffisamment importante pour soutenir cette ambition. La délégation a évoqué environ 6 000 milliards de pieds cubes de réserves prouvées de gaz naturel au Cameroun, en soulignant la nécessité de trouver des débouchés commerciaux aux volumes découverts.

Cette orientation s’accompagne d’un engagement en faveur d’une meilleure gestion du gaz associé à la production pétrolière. L’adhésion de la SNH à l’initiative de la Banque mondiale visant à mettre fin au torchage de routine d’ici 2030 s’inscrit dans cette logique. Il s’agit de favoriser la récupération et l’utilisation d’une ressource qui, lorsqu’elle est brûlée sans valorisation, ne contribue pas pleinement à l’approvisionnement énergétique ni à la création de valeur.

La réussite de cette ambition dépendra toutefois de plusieurs facteurs : la mobilisation des investissements, la mise en place des infrastructures de transport et de traitement, la disponibilité de débouchés industriels et la compétitivité du gaz proposé aux consommateurs.

Un cadre juridique présenté comme favorable aux investissements

Pour rassurer les investisseurs, la délégation camerounaise a également insisté sur le dispositif réglementaire encadrant les activités pétrolières et gazières. La SNH met notamment en avant le Code pétrolier de 2019 et son décret d’application de 2023, qui définissent le cadre juridique, économique et fiscal des opérations. Selon les éléments présentés, ce dispositif prévoit des mesures fiscales et douanières adaptées aux différentes phases des projets et permet le recours à l’arbitrage international.

Le Code gazier comporte également des dispositions incitatives destinées à soutenir des projets de valorisation du gaz naturel, notamment dans les domaines du gaz naturel liquéfié, du méthanol et des engrais. Pour les autorités camerounaises, la prévisibilité du cadre réglementaire et l’accompagnement des partenaires représentent des conditions importantes pour attirer des capitaux dans des activités qui exigent des investissements conséquents et s’inscrivent généralement sur le long terme.

La SNH affirme accompagner les opérateurs à différentes étapes de leurs projets, depuis l’accès aux données techniques jusqu’au développement des opérations. L’objectif est de réduire les obstacles à l’entrée et de faciliter la concrétisation des investissements annoncés.

Transformer les ressources en retombées économiques durables

À travers sa participation à l’African Energy Week 2026, la SNH défend une vision qui associe exploration pétrolière, développement gazier et industrialisation. La mobilisation de nouveaux partenaires doit permettre de poursuivre les activités de recherche, d’accroître les possibilités de production et de renforcer l’utilisation du gaz dans l’économie nationale.

Cette stratégie répond à un double enjeu : valoriser les ressources disponibles et améliorer l’accès à une énergie fiable et abordable. Elle suppose néanmoins de convertir les opportunités présentées aux investisseurs en projets effectivement financés, construits et mis en service. Les retombées attendues dépendront notamment de la concrétisation des contrats, de la rentabilité des projets, du développement des infrastructures et de la capacité à créer des débouchés locaux pour les hydrocarbures.

En invitant les opérateurs internationaux à investir au Cameroun, la SNH entend donc ouvrir un nouveau chapitre pour l’amont pétrolier et gazier national. L’ambition affichée est de faire des ressources du sous-sol un levier de compétitivité industrielle, de sécurité énergétique et de développement économique, au bénéfice des populations.

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