
D’après le Parlement européen réuni le 17 juin dernier à Bruxelles, le pays de Paul Biya n’a pas respecté ses engagements en matière de transparences dans l’exportation des produits forestiers.
A travers une décision prise le 17 juin 2025, la Commission de l’UE remet en cause la volonté politique du Cameroun à implémenter les réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux. Il est reproché au Cameroun de n’avoir pas été en mesure de respecter « pleinement » ses obligations au titre de l’APV au cours de ces 10 dernières années. D’après le calendrier, le régime d’autorisation aurait dû être mis en place dans les 5 ans (depuis 2016) et la mise en place du système de vérification de la légalité et du système de traçabilité auraient toutes dû être terminées dans un délai de trois à quatre ans.
Le Cameroun et l’Union européenne ont signé un Accord commercial de partenariat volontaire (APV) par lequel le pays s’engage à s’assurer que le bois commercialisé à l’intérieur ou exporté ne contient aucune essence illégale. Par cet accord, le Cameroun devra mettre en œuvre un programme destiné à faire avancer le processus de réformes intégrant le renforcement du contrôle sur le secteur forestier et des droits communautaires. Dès 2012, tout bois et produits dérivés exportés entrant dans l’espace UE depuis ce pays nécessiteront une autorisation préalable prouvant qu’ils ne contiennent que du bois légal, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici.
Selon mediaterre.org, le bois camerounais est exclu de l’UE à cause du non-respect de la gouvernance forestière objet de l’APV, mais continuera de bénéficier d’une assistance technique de son partenaire dans le cadre des systèmes de vérification du respect de la réglementation et d’audit. Le Cameroun, plus gros exportateur africain de bois durs destinés à l’Europe, vend 80% de bois sciés à l’UE (Italie et Espagne en particulier), mais son plus gros client pour le bois en grume est la Chine (60%).
Ce pays, également important centre d’activité pour la transformation du bois en Afrique centrale et qui abrite quelque 20 millions d’hectares de forêts tropicales, a exporté en 2006 pour 481 millions de dollars US en bois et produits dérivés dont la grande partie était destinée à l’UE (362 millions de dollars US). Il détient aussi une bonne proportion du Bassin du Congo, qui est la deuxième plus grande forêt tropicale après l’Amazonie.