Cameroun – élection présidentielle : les basses manœuvres ont commencé              

L’ancien vice-président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), Aman Sa’aly et Abbo Yero, membre du bureau politique, ont quitté le parti. Les démissionnaires mettent en avant les divergences de vues avec le président national Issa Tchiroma, l’ancien ministre de l’Emploi qui a récemment  démissionné du gouvernement.

En politique plus ailleurs, l’adage est bien connu : « il faut diviser pour mieux régner ». Après avoir, dans la passé, légalisé plusieurs factions de l’UPC, le ministère de l’Administration territoriale vient de contribuer à créer une scission au sein Front pour le salut national du Cameroun (FSNC). Le 7 juillet 2025, le parti politique dénommé All Cameronian congress (ACC) était autorisé par le ministre de l’administration territoriale. Son président n’est autre que Ousmanou Aman Sa’aly, plus connu sous le nom de Yerima Dewa. Il est maire de la commune de Pitoa dans la Benoué pour le compte du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC).

Celui qui, l’issue du double scrutin législatif et municipal de février 2020, a également été élu député de la Benoué Est a choisi l’écharpe municipale, laissant mandat de l’Assemblée nationale à son suppléant. Sa décision de faire cavalier seul résulterait des incompréhensions et surtout de la rupture « rupture de la communication » avec son président national. Sur les raisons qui l’on poussé à fonder un nouveau parti, il avancé des arguments qui ne peuvent convaincre que quelques naïfs.

«Depuis le 19 mai 2024, je n’ai plus jamais eu le contact avec mon président national. Même pas au téléphone », déclare-t-il. La goutte d’eau qui fait déborder le vase arrive certainement avec la suppression du poste de vice-président du parti qu’il occupait en mars 2025. « J’ai été victime de ma popularité », laisse-t-il tomber. Cet ancien militant de l’UNDP, où il avait passé 28 ans, semble déjà savoir ce qu’il fera à la tête de son parti dans la perspective des échéances à venir : « Tous mes amis sont du RDPC. Tout ce que j’ai eu dans ma vie, c’est grâce au système en place. Pourquoi le combattre ? » 

Selon Cameroon tribune, dans sa lettre de démission transmise au président national du FSNC le 9 juillet 2025, Abbo Yero, qui se présente comme membre du Bureau politique et du comité central, évoque « une auto déclaration comme candidat du FSNC à l’élection présidentielle de 2025 sans aucune consultation préalable dans les instances politiques de ce parti ». En insistant un des plus proches collaborateurs de l’ancien ministre en charge de l’emploi a créé son propre parti, le système régnant au Cameroun a frappé un grand coup : fragiliser Issa Tchiroma, le candidat  déclaré à l’élection présidentielle dans son fief de la région du Nord.

La scission du parti d’Issa Tchiroma ne s’est pas arrêté-là. Le député Salmana après sa démission du FSNC, a lancé son parti politique, baptisé Rassemblement Populaire. Dans la foulée, ce 17 juillet 2025, Ferdinand Ngoh Ngoh, Président du comité stratégique chargé de préparer la campagne du présidentielle de Paul Biya, a reçu en audience l’honorable Salmana Amadou Ali. Accompagné d’une forte délégation de 13 membres, l’ancien cadre du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) a officiellement annoncé l’alignement de son parti aux côtés du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC).

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