La fermeture de 105 établissements privés relance le débat sur la régulation de l’enseignement au Cameroun

À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, le ministère des Enseignements secondaires a décidé de fermer 105 établissements privés exerçant en violation de la réglementation. Si cette mesure traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer la qualité de l’offre éducative, elle met également en évidence les difficultés persistantes à encadrer un secteur privé en pleine expansion, confronté à une demande croissante de scolarisation.

Le gouvernement camerounais poursuit son opération d’assainissement du secteur de l’enseignement privé. Dans un communiqué publié le 20 juillet, le ministère des Enseignements secondaires (Minesec) a annoncé la fermeture de 105 établissements privés répartis dans sept régions du pays pour l’année scolaire 2026-2027. Cette décision fait suite à la signature de trois arrêtés ministériels par la ministre Nalova Lyonga, sur la base des conclusions des missions d’inspection menées en juin par la Brigade nationale de contrôle des établissements privés.

Selon le ministère, les écoles concernées ne respectaient pas les dispositions prévues par la législation encadrant l’enseignement privé. Les principales irrégularités relevées portent sur l’absence d’autorisation d’ouverture, le défaut d’agrément administratif ou encore l’ouverture d’annexes sans validation préalable des autorités compétentes. Ces manquements contreviennent aux exigences fixées par la loi régissant l’enseignement privé au Cameroun.

Parmi les régions les plus touchées figure le Littoral, qui concentre à lui seul 52 établissements visés par cette mesure. Cette concentration illustre l’ampleur des défis liés à la régulation de l’enseignement privé dans les grands centres urbains, où la forte croissance démographique et l’insuffisance des capacités d’accueil du secteur public favorisent l’émergence de nouvelles écoles.

Au-delà de la sanction administrative, cette nouvelle vague de fermetures relance le débat sur l’efficacité des mécanismes de contrôle. Depuis plusieurs années, les autorités publient, à l’approche de chaque rentrée scolaire, des listes d’établissements ne répondant pas aux exigences réglementaires. Malgré ces opérations répétées, des écoles continuent d’ouvrir ou d’étendre leurs activités sans avoir obtenu l’ensemble des autorisations requises, révélant les limites du dispositif actuel de prévention.

Pour de nombreux promoteurs, la pression de la demande scolaire pousse à démarrer les activités avant la fin des procédures administratives, dans l’espoir d’une régularisation ultérieure. Cette pratique expose toutefois les établissements à des sanctions pouvant aller jusqu’à la fermeture, avec des conséquences qui dépassent le seul cadre administratif.

Les premiers impactés restent en effet les élèves et leurs familles. À quelques semaines de la reprise des cours, certains parents se retrouvent contraints de rechercher un nouvel établissement après avoir déjà engagé des dépenses liées aux inscriptions ou à la scolarité. Les enseignants employés dans ces écoles sont également confrontés à une interruption brutale de leurs activités, tandis que les élèves doivent parfois s’adapter à un nouvel environnement pédagogique.

Le ministère rappelle que les autorisations d’ouverture ne constituent pas de simples formalités. Elles permettent de s’assurer que les établissements disposent d’infrastructures adaptées, de conditions de sécurité conformes, d’un personnel enseignant qualifié et de programmes respectant les normes éducatives nationales. Ces exigences visent à garantir un enseignement de qualité et à protéger les apprenants.

À l’approche de la rentrée 2026-2027, cette opération d’assainissement apparaît donc comme un signal fort adressé aux promoteurs d’établissements privés. Elle met également en lumière un défi structurel : accompagner l’essor de l’enseignement privé tout en renforçant les mécanismes de contrôle afin de répondre à la demande croissante de scolarisation sans compromettre la qualité de l’éducation. L’amélioration de la gouvernance du secteur demeure ainsi un enjeu majeur pour les autorités éducatives camerounaises.

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