Finance internationale : à Paris, le Cameroun réaffirme son engagement pour une gestion durable de la dette publique

Le Cameroun a pris une part active aux réflexions internationales sur l’avenir du financement du développement et la soutenabilité de la dette. Représentant le pays à la 13ᵉ Conférence du Forum de Paris, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a défendu une approche fondée sur la transparence, la discipline budgétaire et le renforcement de la coopération internationale, dans un contexte où de nombreux pays en développement sont confrontés à une pression croissante sur leurs finances publiques.

Réuni le 24 juin 2026 à Paris, le Forum de Paris a rassemblé les représentants de 46 États ainsi que de nombreuses institutions financières internationales autour d’un enjeu devenu central pour l’économie mondiale : la gestion de la dette souveraine. Organisée au Centre de conférences Pierre Mendès France du ministère français de l’Économie, cette 13ᵉ édition a offert un cadre d’échanges entre gouvernements, bailleurs de fonds, institutions multilatérales, experts, universitaires et acteurs du secteur privé.

Placée sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », la rencontre s’est déroulée dans un contexte marqué par la multiplication des situations de vulnérabilité financière dans plusieurs économies émergentes et en développement. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de coordination internationale afin d’apporter des réponses plus rapides et plus adaptées aux défis actuels.

Louis Paul Motaze défend la stratégie du Cameroun

À la tête de la délégation camerounaise, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a présenté les orientations du gouvernement en matière de gestion des finances publiques. Il a rappelé que le Cameroun poursuit une politique visant à préserver l’équilibre budgétaire tout en mobilisant les ressources nécessaires au financement des projets de développement.

Le ministre a notamment mis en avant les efforts engagés pour améliorer la gouvernance de la dette publique, renforcer la transparence dans la gestion des emprunts et garantir leur soutenabilité à moyen et long terme. Selon lui, la maîtrise de l’endettement constitue une condition essentielle pour préserver la stabilité macroéconomique et maintenir la confiance des partenaires techniques et financiers.

Les débats ont également porté sur plusieurs questions majeures, parmi lesquelles la qualité des statistiques relatives à la dette, le renforcement des capacités des administrations publiques, les mécanismes de financement du développement, ainsi que les risques associés à certains instruments financiers, notamment les prêts adossés à des garanties sur les ressources naturelles.

Concilier développement et stabilité financière

Pour le Cameroun, la participation à cette rencontre internationale s’inscrit dans la continuité des réformes économiques engagées avec l’appui des institutions de Bretton Woods, notamment le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. L’objectif est de maintenir une trajectoire d’endettement compatible avec les besoins d’investissement du pays, tout en préservant les équilibres financiers.

Les autorités camerounaises estiment qu’une dette bien maîtrisée demeure un levier de développement lorsqu’elle finance des infrastructures productives, améliore les services publics et soutient la croissance économique. Elles plaident ainsi pour une utilisation responsable des ressources empruntées, accompagnée d’une gouvernance rigoureuse et d’une gestion transparente.

Un Forum de Paris tourné vers les défis de demain

Cette édition revêtait également une portée symbolique puisqu’elle coïncidait avec le 70ᵉ anniversaire du Club de Paris, groupe informel de créanciers publics créé pour accompagner les États confrontés à des difficultés de remboursement de leur dette.

Depuis plusieurs décennies, cette instance a contribué à la restructuration de nombreuses dettes souveraines à travers des mécanismes de rééchelonnement ou d’allègement. Toutefois, l’évolution du paysage financier mondial, marqué par l’arrivée de nouveaux créanciers et la diversification des sources de financement, impose aujourd’hui une adaptation des mécanismes de coopération internationale.

Le Forum de Paris s’affirme ainsi comme une plateforme de dialogue destinée à favoriser l’émergence de solutions innovantes conciliant financement du développement, stabilité financière et résilience des économies face aux crises mondiales.

Par sa participation active à ces échanges, le Cameroun réaffirme sa volonté de demeurer un partenaire crédible de la communauté financière internationale, tout en poursuivant une politique économique orientée vers une croissance durable, une gestion responsable de la dette et le renforcement de la confiance des investisseurs.

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